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20 janvier 2014

Du spirituel dans l'art contemporain : Beuys, ORLAN, James Turrell, Maurizio Cattelan, Andres Serrano, Ana Mendieta, Marina Abramovic ...

De nombreux artistes contemporains touchent au domaine du spirituel au travers de leurs créations. Cet intérêt prend les formes les plus variées, allant de la citation plus ou moins littérale de textes sacrés issus des "grandes religions", à des "pratiques fétichistes" qui relèvent du chamanisme, de l'occultisme ou de l’anthropologie plus ou moins assimilés, en passant par diverses attitudes syncrétiques, œcuméniques, néopaganistes...voire  une "mythologie individuelle" (Beuys). Ainsi naissent des mots, des images, des objets et des nouveaux lieux voués aux cultes...


Joseph Beuys, " I like America and America likes me" (1974).© 2013 The Milanese

Des artistes comme Beuys développent des pratiques qui relèvent du chamanisme, avec des objets, des lieux et des performances où le matériau fait sens. On y associera Anselm Kiefer avec ses références aux textes sacrés (même les plus hermétiques, comme la kabbale) et utilisant des matériaux "sacralisés", comme le plomb des toitures de la cathédrale de Cologne. Les performances (sacrifices?) de Ana Mendieta ou Marina Abramovic relèvent également de rituels païens où Éros et Thanatos se rejoignent.


 James Turrell, Roden Crater, Aqua De Luz, Tixcacaltuyub, Yucatan, Copyright James Turrell, Photo by Ed Krupp.

Ne peut-on considérer que certains artistes qui relèvent du landart, comme Walter De Maria, Andy Goldsworthy ou James Turrell , "communient" avec la nature, créent ce que l'on pourrait appeler des "interfaces sacrés" entre les hommes et (les) dieu(x) : ainsi, le Lightning Field, Les Refuges d'art ou le Roden Crater...


Dans l'art contemporain, d'autres artistes prennent une position critique par rapport aux grandes religions comme le catholicisme, souvent avec humour, mais aussi parfois avec férocité, ainsi ORLAN ou Maurizio Cattelan. Partageant cette attitude, Andres Serrano, a fait (encore récemment) scandale avec son Piss Christ (1987) : il a photographié des effets de lumières créés par un crucifix trempé dans l’urine (la sienne); il y a cependant divergence d'avis : d'autres articles parlent d'éosine... ce qui est beaucoup plus hygiénique!

Maurizio Cattelan,"La Nona ora" (1999). Résine polyester, cheveux naturels, accessoires, pierre, moquette. Dimensions variables selon l'espace. Photograph: Attilio Maranzano. Courtesy Galerie Perrotin

Alors que certains plasticiens s'attaquent occasionnellement à des thèmes du domaine religieux (l'exposition "Babel"par exemple), des artiste comme Sarkis, relèvent véritablement de l'art sacré proprement dit, en incorporant ses codes et ses lieux.


Dans "SCULPTURE", de nombreux posts parlent de ces artistes qui touchent au spirituel:


Dans le désordre, quelques "trouvailles" sur ce thème...

Trouvé sur le site Protestantisme et images.com, le travail de Sylvie Lander pour l’église St-Pierre-le-Jeune à Strasbourg (été 2010). Lire également un ensemble d'articles intéressants à propos de la question du spirituel dans l'art contemporain, dont "Le spirituel dans l’art contemporain, Ruptures et convergences", un article de Jérôme Cottin.

 "Une cuve d’or, épousant la forme humaine, emplie d’eau claire, est incrustée dans le sol. Absence du corps, au cœur de la matière, naissance et mort, passage, transformation, circulation, présence du ciel à toucher dans l’obscurité minérale qui invite à entrer en résonance avec la danse immobile des étoiles."


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Dans le cadre de l'exposition "Lost in Paradise" (novembre 2012), au Loft Sévigné "Idris Khan (Pakistan/Royaume-Uni) propose une œuvre multiple qui se nourrit de sa formation musulmane dans les écoles coraniques du Pakistan qu’il a fui. L’apprentissage par cœur des sourates du Coran sans les comprendre est ici fortement traduit par un procédé photographique très spécifique et mystérieux qui consiste à superposer à l’infini des vers de Milton, Paradise Lost. Organisés diversement dans des montages photographiques ou une sculpture, ils deviennent illisibles, aussi incompréhensible que dans le souvenir d’enfance de l’artiste. Mais l’artiste adulte a totalement structuré : la rigueur extrême de la composition pour dire la confusion des origines ! Il propose notamment une corbeille évoquant celles du pèlerinage à la Mecque qui servent à ramasser les pierres lancées par les pèlerins contre le démon, lors du rituel des stèles de Jamarat. Le lien entre le poème sur le mal originel est très fort : dans le vortex de la sculpture semblant ouvert vers les profondeurs de la terre glissent les versets de la sourate semblant intimement mêlés à des vers de Milton. Poésie de l’occident et rituel de l’orient se rencontrent."


Idris Khan, "The Devil’s Wall" (2011). 
Courtesy of Victoria Miro Gallery, London and Yvon Lambert Gallery, New York.

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"La mort de James Lee Byars", à la galerie Marie-Puck Broodthaers, Bruxelles en 1994; sans doute une des oeuvres les plus emblématiques (et les plus reproduites) de l'exposition Deadline (consacrée à l'œuvre tardive de douze artistes internationaux. Chacun d'eux, conscient de la mort imminente, a intégré dans son travail l'urgence de l'œuvre à achever et le dépassement de soi).
Courtesy galerie Marie-Puck Broodthaers, Bruxelles.
Voir l'article consacré à cette expo en 2009 :  http://acasculpture.blogspot.be/2009/11/deadline-last-minute.html

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Un site qui traite de la mort non sans un certain humour, mêlant des créations de toutes origines sur le site "Wellcome Collection": http://www.wellcomecollection.org/whats-on/exhibitions/death-a-self-portrait.aspx

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 "Modos de Devoción", une exposition de l'artiste vénézuélienne Gaudí Esté : des installations ou les animaux sculptés vigoureusement dans le bois (on peut penser à Marini) se prêtent à des rituels mystérieux... Voir cet article d'où provient cet extrait : http://www.arteenlared.com/archivo/2011/modos-de-devocion-la-escultora-venezolana-gaudi-este-expone-en-el-museo-de-arte-moderno-de-bogota.html
En la muestra “Modos de devoción” que se presenta en el MAMBO, la artista exhibe fundamentalmente piezas de las series “Nagual” y “Devoción” –surgidas entre mediados de la década de 1990 y principios de la de 2000, hasta nuestros días-, las cuales, a juicio de Katherine Chacón, están caracterizadas por un volcamiento ritualista, asociado a veces a la muerte, a la prisión, o al desmembramiento, y apoyadas en su mayoría en una iconografía animal, en donde perros, caballos, caimanes, seres alados y sus hibridaciones, convergen, a veces, conformando conjuntos escultóricos o instalaciones.

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"Batman" ©Ribes Sappa
Adrian Tranquilli, artiste d'origine australienne, aujourd'hui installé à Rome, traite de nos mythologies contemporaines lorsqu'il nous dépeint ("désculpte"...) les failles de nos super héros.

Merci à Lola pour ses liens.

02 février 2013

Sculpteurs à l'échelle : Oldenburg, Koons, César, les Poirier et les autres


Claes Oldenburg, "Stake Hitch", (1984). 
Acier, aluminium, epoxy,peinture, mousse expansée, résine laminée. Hauteur totale: 16.3 m.  
Dallas Museum of Art, Dallas, Texas. Photo: Attilio Maranzano.

Un des premiers noms d'artiste qui vient à l'esprit lorsque l'on évoque la question de l'échelle, c'est Claes Oldenburg, avec des objets agrandis démesurément... Truelle, cuiller, quille...tout notre quotidien y passe, et l'opération est devenue un classique décliné pour le meilleur ou pour le pire par l'artiste et ses suiveurs. On parlera chez l'artiste de Colossal Monuments et de Giant Objects qui tournent en dérision la notion de monument; celui-ci commémore habituellement un "grand événement" au travers de l'édification d'une sculpture de grande taille. Il a collaboré à partir des années 70 avec l’historienne d’art, sculptrice et critique Coosje van Bruggen, sur des projets à grande échelle pour des espaces publics.

 Performance "Il corso del coltello", Venise (1985), dans le cadre de la biennale.

Exposition en fin de parcours (jusqu'au 17 février 2013) au Guggenheim de Bilbao : http://oldenburg.guggenheim-bilbao.es/fr/expositions/les-annees-soixante/

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Plus contemporain -et blingbling- Jeff Koons (que l'on a pu voir à Versailles il y a peu; voir : http://acasculpture.blogspot.be/2008/09/sculpture-royale-jeff-koons-versailles.html).

Ici, avec son "Puppy", au Guggenheim Museum à Bilbao (1997).
Acier, geotextile , système d'irrigation, plantes. 1234.4 x 1234.4 x 650.2 cm 
 Photo sur le site de l'artiste.

Dans cette veine du "monumental humoristique", on citera également Florentijn Hofman. Plus poétiques, les lièvres ou les mains de Sophie Ryder.

Il y a aussi le désormais classique sculpteur français César, qui, découvrant l'usage du pantographe vers 1965, agrandit son pouce dans des dimensions de plus en plus spectaculaires. La version exposée à la Défense, en est la version la plus grande (12 mètres de haut).

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Ron Mueck : "In bed" (detail) (2005). Queensland Art Gallery Foundation. 
Courtesy: Anthony d’Offay, London. Photograph: Ray Fulton


Evan Penny : "Large Murray" (with Murray) (2008); 244 x 120 x 46 cm; 
silicone, pigment, cheveux et poils, aluminum

Des sculpteurs hyperréalismes comme  Evan Penny ou Ron Mueck travaillent avec des corps agrandis ou réduits, éventuellement déformés. Le trouble du spectateur nait en partie de cette quête obsessionnelle du détail, "au poil près"...quelle que soit l'échelle employée.
Voir : http://acasculpture.blogspot.be/2012/04/evan-penny-megarealiste.html et
 http://acasculpture.blogspot.be/2008/02/sculpture-gante.html
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Maurizio Cattelan, ”Bidibidobidiboo,” (1996), écureuil taxidermisé, céramique, formica, bois, peinture, acier; 
courtesy Collection Sandretto Re Rebaudengo

Maurizio Cattelan joue parfois sur les dimensions des personnages ou détails représentés. Ici, l'animal est "grandeur nature".
Nous avons déja parlé de lui à plusieurs reprises :
http://acasculpture.blogspot.be/2010/07/maurizio-cattelan-le-repos-du-boucher.html
http://acasculpture.blogspot.be/2011/12/maurizio-cattelan-la-reconversion.html
http://acasculpture.blogspot.be/2010/09/from-maurizio-cattelan-with-love.html

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 Don Brown & Yoko. Photo : Dennis Schoenberg

Le sculpteur anglais Don Brown (1962-) vit et travaille à Londres. Cela fait maintenant près de quinze ans qu'il a fait le choix de représenter uniquement son épouse Yoko. Ses sculptures, de taille réduite par rapport à l'échelle humaine, sont réalisées en "faux marbre", une résine acrylique combinée au plâtre. La représentation se veut très "réaliste"...
Voir : http://acasculpture.blogspot.be/2012/02/don-brown-et-yoko-sa-muse.html

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Dans une autre approche, un sculpteur comme Bernar Venet questionne systématiquement notre perception de l'environnement. Ici son projet pour l'A31.
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Anne et Patrick Poirier : "La Colonne Brisée", Aire de Suchères

Anne et Patrick Poirier se sont eux fait connaître par ce qu'on pourrait appeler un travail de maquettes. Travail qui, évoluant au fil des ans, a également représenté des fragments hypothétiques de "monuments antiques", dont certains aux dimensions impressionnantes. Ainsi, ces colonnes dressées ou brisées de Titans, qui évoquent des mondes mythologiques passés ou à venir...
Lire l'article "Les fausses ruines d'Anne et Patrick Poirier au quartier du Ponant".

Anne et Patrick Poirier : "Ostia Antica" (détail). Terre cuite (des millions de briques, des centaines de colonnes); 
12 x 6 mètres. Collection Ludwig Vienn. Photo: saisie d'écran site des artistes.

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Thomas Doyle : "The barrage lifts" (2010). Mixed media ; 40cm de diamètre.

 Dans la veine maquette, on observera les narrations souvent tragiques et toujours méticuleuses de Thomas Doyle. Voir aussi Slinkachu et les aventures de ses little people ou encore Walter Martin et Paloma Munoz dans le genre boule à neige. Nous avons également récemment évoqué les insoutenables champs de bataille des frères Jake et Dinos Chapman, dans le cadre de l'exposition Babel à Lille.

A l'opposé, faut-il encore rappeler les créations "mégalomentales" d'Anish Kapoor ou d'Antony Gormley (capable également de traiter des œuvres à "grande échelle", comme dans les "Field"avec leurs dizaines de milliers de petits personnages en terre cuite).
Voir par exemple :
  http://acasculpture.blogspot.be/2010/04/anish-kapoor-le-tour-de-mittal.html
  http://acasculpture.blogspot.be/2006/09/nature-humaine-sites-dartistes-antony.html
   http://acasculpture.blogspot.be/2008/10/between-you-me-sculptures-dantony.html

13 décembre 2011

Maurizio Cattelan, la reconversion


Exposition rétrospective de Maurizio Cattelan au Guggenheim de NY, du 4 novembre 2011 au 22 janvier 2012. Voir la page d'accueil du musée et découvrez la vidéo du montage de l'installation : http://www.guggenheim.org/new-york/exhibitions/on-view/maurizio-cattelan-all


"Maurizio Cattelan: artiste de haut vol", un article à découvrir sur le site de PARIS MATCH :
 http://www.parismatch.com/Culture-Match/Art/Actu/Maurizio-Cattelan-artiste-de-haut-vol-363465/
Paris Match. Que ressentez-vous devant l’ensemble de vos 128 pièces, suspendues dans la rotonde du musée Guggenheim ?
Maurizio Cattelan. Je me sens comme un père qui a abandonné ses ­enfants et les retrouve. C’est ce que vous dé­couvririez si vous cassiez mon cerveau.
L’idée n’était pas de reproduire le travail tel qu’il a été conçu et présenté, mais de faire un commentaire. Tout est au même niveau, travaux connus et moins connus ; ils pendent comme des saucissons. Ce qui enlève le côté tragique de certaines œuvres. Je l’intitulerais “Le pire de Maurizio Cattelan”. C’est une rétrospective sans nouvelle pièce, mais qui constitue en soit une nouvelle œuvre ! J’ai essayé de trouver le bon équilibre entre le compromis et sauver mes fesses.
Découvrir un ensemble d'oeuvres de l'artiste sur le site de la Galerie Perrotin :
http://www.perrotin.com/artiste-Maurizio_Cattelan-2.html

L'artiste s'est déclare "fatigué" et à annoncé qu'il souhaitait "changer d'occupation", pour mieux se concentrer sur ce qui semble sa nouvelle activité : le magazine au nom engageant de TOILETPAPER

30 septembre 2010

From Maurizio Cattelan, with L.O.V.E.


L.O.V.E. est la dernière sculpture de Maurizio Cattelan, installée devant la bourse de Milan; elle est réalisée en marbre blanc et mesure 4 mètres de haut (11 mètres avec son piedestal). En guise de présentation, l'artiste nous propose une subtile interprétation : "Officiellement, son nom est L.O.V. E. - ainsi elle se dresse pour l'amour- mais n'importe qui peut lire entre les lignes et interpréter le message à sa meilleure convenance". Photo courtesy Zeno Zotti/Flickr.
Présentée à l’occasion d’une exposition personnelle de l’artiste organisée au Palazzo Reale, la sculpture restera sur son socle le temps de l’exposition, jusqu'au 24 octobre 2010, bien qu'il ait été envisagé de la retirer plus tôt que prévu suite à certaines réactions. Certains envisagent malgré tout une installation permanente. Pour ceux d'entre vous qui passeraient à côté, en raison de la taille (de la photo), les quatre autres doigts sont coupés... et la facture évoque sans conteste la sculpture monumentale de l'époque fasciste!

Une petite visite à la Galerie Emmanuel Perrotin pour découvrir quelques oeuvres d'un des grands maîtres de la provocation : http://www.galerieperrotin.com/artiste-Maurizio_Cattelan-2.html

17 juillet 2010

Maurizio Cattelan, le repos du boucher


Maurizio Cattelan, WE, 2010. Installation à la Menil Collection, Houston. Photo: Zeno Zotti
Longtemps, Maurizio Cattelan a eu la réputation d'un artiste essentiellement loufoque, avec son pape écrasé par une météorite ou son déguisement en Picasso vieux. Ceux qui verront son œuvre la plus récente, WE, auront de lui une idée un peu différente.
Pour voir WE, il faut se rendre sur l'île grecque d'Hydra, au large d'Athènes, et marcher jusqu'à l'ancien abattoir... Dehors, c'est la mer, le soleil, les voiliers qui suivent la côte. Dedans, c'est le ciment gris, le fer rouillé. Cattelan a perçu la contradiction et décidé de l'aggraver. Au centre de la salle, il a placé un joli lit ancien, réduction de moitié d'un lit normal de style Empire, du genre de ceux où il dormait, enfant, dans sa Vénétie natale - il est né à Padoue, en 1960. Sur le drap, deux mannequins de cire sont couchés côte à côte. Tous deux ont été modelés à échelle un demi, celle du lit, et revêtus de chemises blanches et de costumes sombres à leur taille anormale...
Le site de la Fondation Deste : http://www.deste.gr/en/index.html et aussi (en pdf) : http://downloads.deste.gr/activities_83-09.pdf
Nous vous avons déjà parlé de Maurizio Cattelan :
"WE", Deste Foundation, Project Space, Hydra (Grèce). Jusqu'au 30 septembre 2010

11 septembre 2009

Du spirituel dans l'art...


A-t-il pensé à inviter Maurizio Cattelan?

Le pape Benoît XVI rencontrera des artistes du monde entier le 21 novembre dans la chapelle Sixtine pour renouer les liens entre culture et religion, a annoncé jeudi Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture. Benoît XVI "invitera les artistes à reprendre le dialogue avec l'Église", a dit le cardinal lors d'une conférence de presse. Il a rappelé que les relations avaient été fécondes dans le passé mais qu'elles étaient "problématiques" dans la période actuelle, où il y a un "divorce" entre les deux mondes.
...
Parmi les Français, on note le plasticien Christian Boltanski, le peintre et sculpteur Daniel Buren et la plasticienne Louise Bourgeois. A l'heure actuelle, 75 artistes ont donné une réponse positive, comme les sculpteurs italien Arnaldo Pomodoro et mexicain Sebastian (de son vrai nom Enrique Carbajal), l'architecte italien Mario Botta, le musicien italien Ennio Morricone, le réalisateur italien Giuseppe Tornatore et le metteur en scène américain Bob Wilson.
L'article complet repris d'un dépêche de l'AFP : http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090910124033.xcb16wri.htm
Et les artistes : Dorota Nieznalska, Andres Serrano, Paul Feyer, Martin Kippenberger ...

08 septembre 2009

Versailles ne reste pas de glace...

Takashi Murakami

L'expo de Xavier Veilhan n'a pas encore débuté (13 septembre) que les projets tombent à Versailles pour les prochaines années; les "frileux"qui avaient critiqué l'expo Koons n'ont pas fini de grincer des dents...

Après Jeff Koons l’année dernière et Xavier Veilhan ce mois-ci, le Château de Versailles devrait présenter, au printemps 2010, le travail de l’artiste japonais Takashi Murakami. Cette envie, lancée il y a quelques mois par le château, devrait devenir réalité grâce au mécénat de l’Emirat du Qatar qui, chose nouvelle à Versailles, souhaite coproduire l’exposition. Celle-ci partira d’ailleurs à Doha à l’automne 2010. L’artiste nippon investira probablement le parcours de visite le plus pratiqué par les touristes avec des œuvres existantes et quelques créations faites exprès pour le lieu. En attendant, à partir du 15 septembre, la galerie Emmanuel Perrotin présentera un ensemble inédit de Murakami comprenant dix-sept peintures, cinq sculptures et deux films. Pour 2011, on parle déjà de Maurizio Cattelan, soutenu également par la galerie Perrotin.

En primeur sur le site de Connaissance des Arts : http://www.connaissancedesarts.com/art-contemporain/actu/articles/oeuvres-expositions/breves/takashi-murakami-et-maurizio-cattelan-au-chateau-de-versailles.html

Le site de la galerie EMMANUEL PERROTIN (énormément de photos :
Chiho AOSHIMA, Daniel ARSHAM, Hernan BAS, Bhakti BAXTER, Sophie CALLE, Maurizio CATTELAN, Peter COFFIN, Johan CRETEN, Wim DELVOYE, Eric DUYCKAERTS, ELMGREEN & DRAGSET, Lionel ESTEVE, Bernard FRIZE, Giuseppe GABELLONE, GELITIN, Duane HANSON, Jesper JUST, Bharti KHER, KOLKOZ, Klara KRISTALOVA, Guy LIMONE, Keegan MCHARGUE, Jin MEYERSON, Mariko MORI, Farhad MOSHIRI, MR., Takashi MURAKAMI, Martin OPPEL, Jean-Michel OTHONIEL, Paola PIVI, Michael SAILSTORFER, Aya TAKANO, Tatiana TROUVE, Piotr UKLANSKI, Xavier VEILHAN, Peter ZIMMERMANN ) : http://www.galerieperrotin.com/artiste-Takashi_Murakami-12.html


Le site de l'artiste : http://www.takashimurakami.com/

04 juin 2009

Mapping à Venise

Le cheval de Maurizio Cattelan présent à Venise et ici exposé au MMK de Frankfurt am Main

En marge de la Biennale, ouverture au public de l’exposition «Mapping the Studio: Artists from the François Pinault Collection» à Punta della Dogana et Palazzo Grassi à Venise ce 6 juin 2009. Punta della Dogana, l'ancienne Douane de Mer à l'embouchure du Grand Canal, est l'un des bâtiments les plus anciens et emblématiques du paysage vénitien. La François Pinault Foundation a confié à l'architecte japonais Tadao Ando, le soin de rénover l'édifice, alors abandonné depuis plus de 30 ans, et de le convertir en un centre d'art contemporain.
L'exposition présente 200 œuvres de 60 artistes. Les commissaires ont choisi le titre Mapping the Studio dans le but de témoigner de l'infatigable vitalité et de l'esprit de découverte qui, au fil des années, ont été au cœur de la collection de François Pinault. "L'exposition propose une analogie entre la créativité et la dimension intime de l'atelier d’un artiste et la vision personnelle et passionnée du collectionneur. Ce parallèle est le point de départ d’un dialogue entre les œuvres d'artistes confirmés et celles d’une génération émergente."
Ainsi l'exposition présente des œuvres incontournables de l'art contemporain telles que celles de Jeff Koons, Sigmar Polke, Cindy Sherman, Richard Prince, Cy Twombly, Takashi Murakami, et Jake & Dinos Chapman, aux côtés d'œuvres de talents émergents comme Matthew Day Jackson, Adel Abdessemed, Wilhelm Sasnal, Rob Pruitt Richard Hughes, Nate Lowman, Mark Bradford, ou Kai Althoff. A voir également, le toujours très provocateur, Maurizio Cattelan.
Voir le site de la collection : http://www.palazzograssi.it/index.php?lang=fr


"Le nouveau symbole de Venise est une grenouille. François Pinault l'a dévoilé mercredi 3 juin, lors de l'inauguration pour la presse de son nouveau musée vénitien, à la Punta della Dogana, la Pointe de la Douane, un des lieux les mieux situés de la Sérénissime, face à la place Saint-Marc. Le batracien pendouille, suspendu par une patte que serre fièrement dans sa main droite la statue d'un adolescent d'un peu moins de deux mètres cinquante, en acier inox peint en blanc. Fesses cambrées et ventre en avant, affligé de la cyphose caractéristique de son âge et de l'abus précoce d'ordinateur, le môme est crânement campé face à la mer."
Voir la suite de l'article du journal le monde : http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/06/03/francois-pinault-met-l-art-a-la-pointe-de-la-douane_1201762_3246.html#ens_id=1201831
L'article de libé : http://www.liberation.fr/culture/0101571458-pinault-a-la-pointe-de-l-art

10 novembre 2008

La sculpture contemporaine bling-bling ?

Un article décapant "L'art entre provocation et cynisme"par Philippe Dagen dans "le monde" du 31 octobre 2008 à déguster dans son intégralité (pour la bonne cause, afin qu'il ne disparaisse pas dans les limbes de l'archivage); de nombreux artistes très très côtés - cités et illustrés dans nos pages -s'y retrouvent épinglés.


"Une série de onze aquarelles d'Adolf Hitler retouchées par les frères Jake et Dinos Chapman, deux artistes britanniques sulfureux et fort cotés, s'est vendue 815 000 euros à la FIAC, au Grand Palais, dans les deux heures qui ont suivi l'ouverture du salon marchand, le jeudi 23 octobre. Ces aquarelles, exécutées durant la première guerre mondiale, sont des paysages de bataille, peints à la manière des illustrations des journaux d'alors. Elles n'ont, du point de vue de l'art, aucun intérêt. Les rajouts des frères Chapman se composent d'arcs-en-ciel, de nuages comme couchant de soleil ou de taches colorées. Ils n'ont pas davantage d'intérêt visuel.
L'intérêt est ailleurs : il tient à la signature de Hitler et à l'intervention des deux frères sur des pièces autographes et originales. Ces interventions produisent-elles du sens ? Relèvent-elles d'une pensée qui chercherait à s'exprimer ? Pas plus. Les frères Chapman n'ont rien à dire sur Hitler, si ce n'est qu'il est un excellent support pour une provocation dont on parlera et dont la valeur financière croîtra.

Les Chapman en sont des spécialistes. Leur notoriété s'est établie dans les années 1990 quand ils ont exposé des mannequins de jeunes filles et garçons sur les visages et les corps desquels étaient implantés en grand nombre des sexes féminins et masculins. La provocation, déjà, était automatique, aggravée par la jeunesse des figures. Quand ce procédé a été épuisé à force d'avoir servi, ils sont passés aux maquettes de charniers et de camps d'extermination, puis aux aquarelles de Hitler.
Le nazisme a succédé à l'obscénité comme argument d'un scandale aussi assuré que lucratif. La forme matérielle n'est que le support et le signe de cette opération. Il importe qu'elle soit d'une extrême facilité de vision. Des allusions, des nuances affaibliraient la brutalité du choc. Des nouveautés formelles seraient plus fâcheuses encore.
Les frères Chapman ont été promus par Charles Saatchi, publicitaire londonien à succès devenu collectionneur et personnage très influent du marché de l'art. Son haut fait principal est l'exposition "Sensation", en 1997 à la Royal Academy de Londres, dans laquelle il présentait quarante-deux artistes, dont les frères Chapman, qu'il mit à la mode sous le terme "Young British Artists".
Le même Saatchi a "lancé" Damien Hirst, autre praticien du "faites simple, vous vendrez cher" et star incontestée du marché de l'art. Son Veau d'or est un vrai veau de 18 mois, dont les cornes et les sabots ont été vraiment dorés et dont l'encolure porte un disque d'or à 18 carats. On ne peut pas faire plus élémentaire. Prix de vente chez Sotheby's : 18 millions d'euros.
Autre sujet direct et universel, la mort. Hirst est donc l'auteur de For the Love of God, crâne humain où sont enchâssés 8 600 diamants, au total 1 106,18 carats. Ce n'est qu'une énième variation sur le thème de la vanité, l'un des symboles les plus communs de l'histoire de l'art, toutes cultures confondues. Prix de vente de cette banalité luxueuse : 100 millions de dollars (76,10 millions d'euros).
Dans le même registre, Hirst propose aussi la vache ou le mouton découpés en tranche et plongés dans le formol. Dégoût garanti. Quant aux peintures, elles agrandissent des clichés de cellules malades. Titres : Cancer de la peau, Cancer des glandes salivaires. Au cas où ce ne serait pas assez clair, Hirst rajoute des lames de rasoir et des éclats de verre. Pour que l'objet produise son effet, il faut donc qu'il soit très simple de compréhension et supposé très violent, rien de plus. Une partie de l'art actuel en est là - celle dont on parle le plus parce qu'elle se vend le plus cher. Et c'est là ce qui gêne : non les montants dépensés par des investisseurs qui en ont les moyens, mais la médiocrité et le simplisme de ce qu' ils paient si cher.
ARGUMENT PUBLICITAIRE
Que l'art soit coûteux, c'est une longue tradition en Europe : mais l'art digne de ce nom, celui qui donne à sentir et à penser, Rembrandt ou Picasso, Titien ou Bacon. Or ces objets qui, depuis quelque temps, sont portés aux sommets de l'argent se caractérisent par la pauvreté d'idées, la littéralité des formes et l'absence de toute invention. Surtout ne pas transposer, surtout produire au premier degré, telles sont les règles. Elles empruntent aux principes d'Audimat que cultivent, avec le plus parfait mépris du consommateur, les industries de la télévision et de la publicité et leurs tacticiens. Le message est asséné, l'image s'impose par son évidence et les sujets évoqués sont primaires - le sexe, la mort - ou abjects - le nazisme. Les objets proposés sont des illustrations censées avoir un impact émotionnel intense. Et une valeur financière proportionnelle à cette accessibilité et à cet impact.
Jadis, Manet, Cézanne ou Matisse faisaient scandale malgré eux : non par désir de déplaire mais parce qu'ils ne pouvaient peindre autrement qu'ils le faisaient, sauf à se trahir. Duchamp, les dadaïstes et les surréalistes faisaient scandale délibérément : c'était l'une de leurs manières de protester contre toutes les institutions, contre l'ordre social et les traditions. Hirst, les frères Chapman et quelques autres - Tracey Emin, Maurizio Cattelan - font de la provocation leur procédé unique, du scandale un pur argument publicitaire. Bien loin de le contester, ils tirent le parti le plus avantageux du capitalisme. Non seulement ils n'ont aucune critique à formuler contre lui, mais ils flattent quelques-uns de ses milliardaires en les faisant passer pour des protecteurs des arts. Ils jouent du système de médiatisation et le plus que l'on puisse leur reconnaître est une intelligence cynique de la situation.
Non plus dans le genre de la provoc morbide, mais dans le style tendre et lénifiant, il faut en dire autant de Jeff Koons quand il agrandit des jouets et des bouées, suspend des cœurs mordorés à des rubans écarlates et fait preuve, dans les appartements du château de Versailles, de ses talents de décorateur. Une telle conception de l'activité artistique n'est pas neuve. Dans le dernier tiers du XIXe siècle, elle fit la fortune des plus pompiers des peintres. A l'instar de leurs successeurs actuels, ils fabriquaient des images et des statues qui frappaient par leurs dimensions considérables, leur perfection technique, leur absence absolue de nouveauté, leurs sujets connus de tous et leur cherté extravagante. On sait ce qu'il reste de ces fournisseurs des grands de ce temps-là, Gérôme, Meissonnier et leurs émules : à peine plus que les noms.
Ce jugement de l'histoire est rassurant, sans doute. Mais pour tous ceux qui se refusent à considérer l'art comme une branche spécialisée du luxe et du divertissement, c'est une faible consolation. "