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29 mai 2013

Berlinde De Bruyckere, mort à Venise


 

... Le beau pavillon belge Art Déco est devenu une chapelle romane, un socle, pour une unique sculpture. On entre par une porte latérale, les petites salles qui entourent la salle centrale sont laissées vides. On est plongé dans une grande pénombre et il faut vingt secondes pour distinguer l’œuvre. Les murs sont noircis et patinés comme les venelles de Venise. Un grand corps est déposé qui fait toute la longueur de la pièce. Un saint Sébastien couché, mais dont le corps est fait de troncs d’arbres et dont la blessure laisse couler non pas du sang mais des branches. Le corps s’est métamorphosé dans le grand orme de l’atelier de Berlinde de Bruyckere tombé une nuit d’orage. Elle a fait des moulages en cire de l’arbre et de ses branches, et les a peints dans les couleurs de la chair et du sang...
Le choc belge à Venise article de Guy Duplat, d'où sont extraites ces quelques lignes.
Quelques photos :  Dans l'atelier de Berlinde de Bruyckere
 


 Berlinde De Bruyckere travaille avec des corps de chevaux ; des arbres, des corps humains et animaux coulés dans la cire, qu’elle présente dans un état déformé, torturé. Elle met particulièrement l’accent sur la composition et la texture de ses sculptures : la peau brillante des chevaux, l’épiderme cireux des figures humaines laissent percer le rouge et le bleu du sang et des artères, les boursouflures des blessures. « Mon esprit me porte à chanter les formes changées en corps nouveaux », écrit Ovide dans ses Métamorphoses. C’est là un défi qui relève également Berlinde De Bruyckere. La mutilation et la torture peuvent prendre des formes extrêmes dans ses oeuvres, qui ne sont pourtant jamais détachées d’un potentiel de transfiguration et de croissance. Berlinde De Bruyckere crée de la beauté et du respect à partir d’une expérience à première vue choquante et déchirante, élevant ainsi le désordre au niveau de la réflexion et donnant une vie nouvelle à la mort.

Présentation de l'artiste sur le site du pavillon belge à la Biennale :  http://www.belgianpavilion.be/fr/


Photos Mirjam Devriendt
Ses sculptures explorent d’une manière extrêmement intime et troublante la vie et la mort: la mort dans la vie, la vie dans la vie, la vie avant la vie, la mort avant la mort. Elles apportent un éclairement, mais un éclairement aussi sombre que profond.
 Communiqué de presse, ce 25 janvier 2013, sur la page du site du S.M.A.K.
La page de l'artiste su le site de la Galerie Saatchi : http://www.saatchi-gallery.co.uk/artists/berlinde_debruyckere.htm
NB : Berlinde De Bruyckere sera à Gand au SMAK en septembre 2014.





« Kreupelhout – Cripplewood »
Berlinde De Bruyckere
Pavillon de la Belgique
55e Exposition Internationale d’Art
la Biennale di Venezia
1er juin – 24 novembre 2013


Voir aussi à Venise (Palazzo Widmann), la très belle exposition "Wunderkammer", présentée il y a peu au Botanique par Antonio Nardone; nous en avions parlé à l'époque: http://acasculpture.blogspot.be/2011/12/wunderkammer-et-cabinets-de-curiosites.html

07 mars 2012

Sarah Sze, petits riens à Venise

 
 "Untitled (Portable Planetarium)" (2009). Biennale de Lyon. (Auteur des photos non précisé/site de l'artiste)

 
Le State Department’s Bureau of Educational and Cultural Affairs a rendu son verdict le 23 février : c’est Sarah Sze qui investira en 2013 le pavillon américain de la Biennale de Venise. L’artiste est principalement connue pour ses installations éphémères, constituées de petits objets quotidiens et étroitement liées au site dans lequel elles s’insèrent. Elle réalisera pour l’occasion une installation nommée Triple Point, dont le commissariat est assuré par le Bronx Museum of the Arts.

Suite de l'article de Suzanne Lemardelé sur le site Le Journal des Arts.fr
Sarah Sze succède ainsi en finesse au duo Allora & Calzadilla, sélectionnés en 2011; voir : http://acasculpture.blogspot.com/2011/07/voir-venise-etun-peu-de-tout-i.html


"Seamless" (1999). Mixed media; dimensions variables. 


"Hidden Relief" (2001). Détail.

Le site de l'artiste :  http://www.sarahsze.com/
Belles photos à découvrir également sur le site de la galerie Tanya Bonakdar.
Nous avions déjà parlé de cette artiste :  http://acasculpture.blogspot.com/2009/09/lyon-2009-cest-parti-pour-le-spectacle.html

28 juillet 2011

Chiharu Shiota, mémoire des toiles (Venise II)

L'installation Memory of Books de Chiharu Shiota à Venise, un moment suspendu et magique, découvert presque par hasard dans l'intimité d'une petite galerie près de l'Arsenal; poésie, sens et économie de moyens : une alchimie exceptionnelle qui se démarque du barnum ambiant de la Biennale. (Photo JFD). Gervasutti Foundation, Castello, Venise. Découvrir une vidéo de l'installation sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=RelzYy23pb4

"Chiharu Shiota est une artiste japonaise établie à Berlin. Depuis le milieu des années 90, elle a fait des installations de fils entrelacés sa signature. Tendant des fils de laine noirs aux murs, sols et plafonds des espaces d’exposition, elle crée des réseaux graphiques impressionnants, au travers desquels le visiteur doit trouver son chemin et sa place. Ces toiles gigantesques enveloppent très souvent des objets de son quotidien : chaises, lits, pianos, vêtements, comme si l’artiste essayait, en les retenant prisonniers dans sa toile, de conserver la trace de ces objets qui menacent de disparaître de sa mémoire."


Extrait d'une présentation de l'artiste sur le site Rough Dreams (voir la vidéo) : http://roughdreams.fr/2011/03/chiharu-shiota/



Si à Venise Chiharu Shiota a joué sur la discrétion, elle est l'auteur depuis une dizaine d'années de nombreuses installations et scénographies très spectaculaires, mettant en scène des fils, des valises, des châssis... et des corps. Découvrir l'ensemble de son œuvre sur son site : http://www.chiharu-shiota.com/

"Matsukaze", un opéra de Toshio Hosokawa avec une scénographie de Chiharu Shiota, au Théâtre Royal de la Monnaie ("La Monnaie"), à Bruxelles en 2011. http://www.lamonnaie.be/fr/opera/56/

Copyright (C) 2003 Chiharu Shiota All Rights Reserved.

19 juillet 2011

Voir Venise et...un peu de tout (I)

Le couple Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla, USA (Giardini, Pavillon des Etats-Unis) avec "Track and Field", une installation-performance, bruyante et spectaculaire. Des oeuvres à l'image du pays? Religion, économie, politique... Des moyens énormes, de l'humour, show et paillettes, sens de la com... C'est propre, c'est efficace et c'est... court.


Urs Fischer, Suisse (Arsenal) : "Ars brevis vita longa", une installation (photo partie principale "Enlèvement des Sabines", 11 juillet 2011) à grand spectacle, en cire qui se consume durant toute la Biennale. Une question : que restera t'il en novembre? De nombreux câbles d'acier avaient été rajoutés depuis un mois et certains fragments "réarrangés" sur le sol... Images de qualité sur : http://www.designboom.com/weblog/cat/10/view/15021/urs-fischer-at-venice-art-biennale-2011.html
Voir sur dailymotion une petite vidéo "rétrospective" de son œuvre : http://www.dailymotion.com/video/xcju39_urs-fischer_creation




Adrian Villar Rojas, Argentine (Arsenal, Pavillon d'Argentine ): "The Murderer of your Heritage", un jardin monumental de béton; tout simplement puissant! Une tentative pour répondre à sa question : "What will the last piece of art ever to be made by a human look like before we disappear from the face of the earth?". Quelques photos et interview : http://www.feelguide.com/2011/07/03/adrian-villar-rojas-award-winning-monolithic-sculptures-from-venice-biennale-inspired-by-multiple-parallel-universes/

Photos JFD

29 mai 2011

Christian Boltanski, Chance à Venise

"Chance", installation de Christian Boltanski.

Pavillon français de la Biennale de Venise. © Didier Plowy.


...On entre par une petite porte latérale - mais les visiteurs de la Biennale, eux, entreront par la grande porte centrale du pavillon français. Philippe Zimmermann branche l'électricité et, dans la première petite pièce, des chiffres géants s'allument et défilent. « C'est un algorithme qui affiche le nombre de morts qu'il y a chaque jour, dit-il. Dans l'autre pièce latérale, un autre algorithme égrène les naissances. » Chance se trouve entre les deux. L'œuvre reprend l'idée obsédante de l'artiste, déjà exprimée à Monumenta (« Le hasard de la naissance et le hasard de la mort »), mais sous une autre forme, plus brute - donc plus efficace...

Extrait d'un long et intéressant article d'Olivier Cena dans le Télérama n° 3202 : http://www.telerama.fr/scenes/comme-par-hasard-boltanski,69231.php


Le site de la biennale : http://www.labiennale.org/it/Home.html

Un article du monde : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/05/28/au-pavillon-francais-de-la-biennale-de-venise-christian-boltanski-celebre-la-vie_1528813_3246.html

Venise, Giardini della Biennale, arsenale. Ouvert au public du mardi au dimanche, de 10h à 18h, jusqu'au 27 novembre 2011.

14 septembre 2010

Eric Duyckaerts, le discours de la méthode et autres errances...

Eric Duyckaerts, Palais des Glaces et de la Découverte (2007);
132 piquets en métal, 127 parois de verre dont 5 miroirs, 10 écrans plats.



Ce mercredi 15 septembre à 18 heures 30, à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles - École supérieure des Arts, conférence inaugurale de l'année académique 2010 -2011 : Eric Duyckaerts - Metodo
"La question de la méthodologie de la recherche dans les arts visuels prend un tour nouveau depuis quelques années. En effet l'insertion des écoles d'art dans les modèles dominants de l'enseignement supérieur implique un questionnement étrange et intéressant sur les procédures mises en oeuvre par l'élaboration d'un travail plastique. De ce couple méthode et recherche, je n'interrogerai que le versant méthode, dans l'espoir de faire apparaître les paradoxes dans lesquels les artistes qui enseignent sont parfois empêtrés."

Ancien élève de l'Institut des hautes études en arts plastiques de Paris, Éric Duyckaerts enseigne aujourd'hui à la Villa Arson à Nice. Il élabore depuis le milieu des années 1980 une œuvre où se mêlent des performances et des vidéos ainsi que des objets et des installations, pas nécessairement liés à ses conférences.
Duyckaerts dit à propos de ses vidéos exposées en 2007 à la galerie Emmanuel Perrotin :" Elles seront axées sur un personnage. On pourrait l'appeler Éric D. C'est un personnage qui navigue entre le professeur et le savant fou. Il a beaucoup d'idées à faire partager. Son enthousiasme n'est pas feint. Il fonce dans ces sphères de connaissance où il se sent bien."
Extraits de l'article de wikipedia consacré à l'artiste : http://fr.wikipedia.org/wiki/Eric_Duyckaerts

Rappelons sa présence à la Biennale de Venise en 2007 comme représentant de la Belgique : http://www.creativtv.net/artistes/ericduyckaerts.html

Les vidéos de l'artiste sur Dailymotion ont été supprimées

Biographie sur le site de la Communauté française de belgique : http://www.interface.cfwb.be/artistes/duyckaerts_eric_liege_1953/

ARBA-ESA : 144 rue du Midi à 1000 Bruxelles : http://www.arba-esa.be/

08 juin 2009

Tous, tous, tous à Venise

Les artistes Michale Elmgreen et Ingar Dragset sont les commissaires de l’exposition collective «The Collectors», pour laquelle les pavillons danois et nordique se sont unis pour la première fois. Ici, "Mr B*, un collectionneur retrouvé mort dans la piscine..." Installation avec mannequin.(Keystone/Pro Litteris)

Ivan Navarro: «Death Row». L’installation de l’artiste chilien est composée de 13 portes d’aluminium et de néons. A voir dans son exposition «Threshold» au Pavillon du Chili. (AFP/Pro Litteris)

Tomas Saraceno: «Galaxies Forming Along Filaments, Like Droplets Along the Strands of a Spider», 2008. Câble élastique. Détail de l’installation de l’artiste argentin pour «Fare Mondi», à l’Arsenal. (Tanya Bonakdar Gallery/Pro Litteris)


Pascale Marthine Tayou : «Human Being». L’œuvre foisonnante et conviviale, à la mode africaine, de l’artiste camerounais a été choisie pour l’exposition collective «Fare Mondi».(Keystone/Pro Litteris)



La performance de Michelangelo Pistoletto(AFP)


Venise est devenu le centre du monde depuis l'ouverture de la 53 ème biennale, et les premières images commencent à apparaître dans les médias; ainsi le journal Le Temps nous propose-t-il quelques bons clichés sur son site : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/58c39fb8-51eb-11de-a9b2-e3248f76716f/Biennale_dart_de_Venise_2009
Beaucoup d'articles, dont certains pas toujours élogieux...
"Ennuyeuse Biennale de Venise 2009" dans L'Express : http://www.lexpress.fr/culture/art-plastique/ennuyeuse-biennale-de-venise-2009_765882.html (Voir également le diaporama)
Et enfin, la touche belge avec : "La Biennale et la ville, "Venise n'a pas de couilles"" dans La Libre : http://www.lalibre.be/culture/arts-visuels/article/503736/la-biennale-et-la-ville-venise-n-a-pas-de-couilles.html complété fort opportunément par le blog de l'artiste : http://jacquescharlier.over-blog.com/ et aussi le site consacré spécifiquement à la participation de Jacques Charlier à la Biennale : http://www.jacquescharlier-venise2009.be/caricatures/ où vous découvrirez le corps du délit...

04 juin 2009

Mapping à Venise

Le cheval de Maurizio Cattelan présent à Venise et ici exposé au MMK de Frankfurt am Main

En marge de la Biennale, ouverture au public de l’exposition «Mapping the Studio: Artists from the François Pinault Collection» à Punta della Dogana et Palazzo Grassi à Venise ce 6 juin 2009. Punta della Dogana, l'ancienne Douane de Mer à l'embouchure du Grand Canal, est l'un des bâtiments les plus anciens et emblématiques du paysage vénitien. La François Pinault Foundation a confié à l'architecte japonais Tadao Ando, le soin de rénover l'édifice, alors abandonné depuis plus de 30 ans, et de le convertir en un centre d'art contemporain.
L'exposition présente 200 œuvres de 60 artistes. Les commissaires ont choisi le titre Mapping the Studio dans le but de témoigner de l'infatigable vitalité et de l'esprit de découverte qui, au fil des années, ont été au cœur de la collection de François Pinault. "L'exposition propose une analogie entre la créativité et la dimension intime de l'atelier d’un artiste et la vision personnelle et passionnée du collectionneur. Ce parallèle est le point de départ d’un dialogue entre les œuvres d'artistes confirmés et celles d’une génération émergente."
Ainsi l'exposition présente des œuvres incontournables de l'art contemporain telles que celles de Jeff Koons, Sigmar Polke, Cindy Sherman, Richard Prince, Cy Twombly, Takashi Murakami, et Jake & Dinos Chapman, aux côtés d'œuvres de talents émergents comme Matthew Day Jackson, Adel Abdessemed, Wilhelm Sasnal, Rob Pruitt Richard Hughes, Nate Lowman, Mark Bradford, ou Kai Althoff. A voir également, le toujours très provocateur, Maurizio Cattelan.
Voir le site de la collection : http://www.palazzograssi.it/index.php?lang=fr


"Le nouveau symbole de Venise est une grenouille. François Pinault l'a dévoilé mercredi 3 juin, lors de l'inauguration pour la presse de son nouveau musée vénitien, à la Punta della Dogana, la Pointe de la Douane, un des lieux les mieux situés de la Sérénissime, face à la place Saint-Marc. Le batracien pendouille, suspendu par une patte que serre fièrement dans sa main droite la statue d'un adolescent d'un peu moins de deux mètres cinquante, en acier inox peint en blanc. Fesses cambrées et ventre en avant, affligé de la cyphose caractéristique de son âge et de l'abus précoce d'ordinateur, le môme est crânement campé face à la mer."
Voir la suite de l'article du journal le monde : http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/06/03/francois-pinault-met-l-art-a-la-pointe-de-la-douane_1201762_3246.html#ens_id=1201831
L'article de libé : http://www.liberation.fr/culture/0101571458-pinault-a-la-pointe-de-l-art