20 janvier 2014

Du spirituel dans l'art contemporain : Beuys, ORLAN, James Turrell, Maurizio Cattelan, Andres Serrano, Ana Mendieta, Marina Abramovic ...

De nombreux artistes contemporains touchent au domaine du spirituel au travers de leurs créations. Cet intérêt prend les formes les plus variées, allant de la citation plus ou moins littérale de textes sacrés issus des "grandes religions", à des "pratiques fétichistes" qui relèvent du chamanisme, de l'occultisme ou de l’anthropologie plus ou moins assimilés, en passant par diverses attitudes syncrétiques, œcuméniques, néopaganistes...voire  une "mythologie individuelle" (Beuys). Ainsi naissent des mots, des images, des objets et des nouveaux lieux voués aux cultes...


Joseph Beuys, " I like America and America likes me" (1974).© 2013 The Milanese

Des artistes comme Beuys développent des pratiques qui relèvent du chamanisme, avec des objets, des lieux et des performances où le matériau fait sens. On y associera Anselm Kiefer avec ses références aux textes sacrés (même les plus hermétiques, comme la kabbale) et utilisant des matériaux "sacralisés", comme le plomb des toitures de la cathédrale de Cologne. Les performances (sacrifices?) de Ana Mendieta ou Marina Abramovic relèvent également de rituels païens où Éros et Thanatos se rejoignent.


 James Turrell, Roden Crater, Aqua De Luz, Tixcacaltuyub, Yucatan, Copyright James Turrell, Photo by Ed Krupp.

Ne peut-on considérer que certains artistes qui relèvent du landart, comme Walter De Maria, Andy Goldsworthy ou James Turrell , "communient" avec la nature, créent ce que l'on pourrait appeler des "interfaces sacrés" entre les hommes et (les) dieu(x) : ainsi, le Lightning Field, Les Refuges d'art ou le Roden Crater...


Dans l'art contemporain, d'autres artistes prennent une position critique par rapport aux grandes religions comme le catholicisme, souvent avec humour, mais aussi parfois avec férocité, ainsi ORLAN ou Maurizio Cattelan. Partageant cette attitude, Andres Serrano, a fait (encore récemment) scandale avec son Piss Christ (1987) : il a photographié des effets de lumières créés par un crucifix trempé dans l’urine (la sienne); il y a cependant divergence d'avis : d'autres articles parlent d'éosine... ce qui est beaucoup plus hygiénique!

Maurizio Cattelan,"La Nona ora" (1999). Résine polyester, cheveux naturels, accessoires, pierre, moquette. Dimensions variables selon l'espace. Photograph: Attilio Maranzano. Courtesy Galerie Perrotin

Alors que certains plasticiens s'attaquent occasionnellement à des thèmes du domaine religieux (l'exposition "Babel"par exemple), des artiste comme Sarkis, relèvent véritablement de l'art sacré proprement dit, en incorporant ses codes et ses lieux.


Dans "SCULPTURE", de nombreux posts parlent de ces artistes qui touchent au spirituel:


Dans le désordre, quelques "trouvailles" sur ce thème...

Trouvé sur le site Protestantisme et images.com, le travail de Sylvie Lander pour l’église St-Pierre-le-Jeune à Strasbourg (été 2010). Lire également un ensemble d'articles intéressants à propos de la question du spirituel dans l'art contemporain, dont "Le spirituel dans l’art contemporain, Ruptures et convergences", un article de Jérôme Cottin.

 "Une cuve d’or, épousant la forme humaine, emplie d’eau claire, est incrustée dans le sol. Absence du corps, au cœur de la matière, naissance et mort, passage, transformation, circulation, présence du ciel à toucher dans l’obscurité minérale qui invite à entrer en résonance avec la danse immobile des étoiles."


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Dans le cadre de l'exposition "Lost in Paradise" (novembre 2012), au Loft Sévigné "Idris Khan (Pakistan/Royaume-Uni) propose une œuvre multiple qui se nourrit de sa formation musulmane dans les écoles coraniques du Pakistan qu’il a fui. L’apprentissage par cœur des sourates du Coran sans les comprendre est ici fortement traduit par un procédé photographique très spécifique et mystérieux qui consiste à superposer à l’infini des vers de Milton, Paradise Lost. Organisés diversement dans des montages photographiques ou une sculpture, ils deviennent illisibles, aussi incompréhensible que dans le souvenir d’enfance de l’artiste. Mais l’artiste adulte a totalement structuré : la rigueur extrême de la composition pour dire la confusion des origines ! Il propose notamment une corbeille évoquant celles du pèlerinage à la Mecque qui servent à ramasser les pierres lancées par les pèlerins contre le démon, lors du rituel des stèles de Jamarat. Le lien entre le poème sur le mal originel est très fort : dans le vortex de la sculpture semblant ouvert vers les profondeurs de la terre glissent les versets de la sourate semblant intimement mêlés à des vers de Milton. Poésie de l’occident et rituel de l’orient se rencontrent."


Idris Khan, "The Devil’s Wall" (2011). 
Courtesy of Victoria Miro Gallery, London and Yvon Lambert Gallery, New York.

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"La mort de James Lee Byars", à la galerie Marie-Puck Broodthaers, Bruxelles en 1994; sans doute une des oeuvres les plus emblématiques (et les plus reproduites) de l'exposition Deadline (consacrée à l'œuvre tardive de douze artistes internationaux. Chacun d'eux, conscient de la mort imminente, a intégré dans son travail l'urgence de l'œuvre à achever et le dépassement de soi).
Courtesy galerie Marie-Puck Broodthaers, Bruxelles.
Voir l'article consacré à cette expo en 2009 :  http://acasculpture.blogspot.be/2009/11/deadline-last-minute.html

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Un site qui traite de la mort non sans un certain humour, mêlant des créations de toutes origines sur le site "Wellcome Collection": http://www.wellcomecollection.org/whats-on/exhibitions/death-a-self-portrait.aspx

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 "Modos de Devoción", une exposition de l'artiste vénézuélienne Gaudí Esté : des installations ou les animaux sculptés vigoureusement dans le bois (on peut penser à Marini) se prêtent à des rituels mystérieux... Voir cet article d'où provient cet extrait : http://www.arteenlared.com/archivo/2011/modos-de-devocion-la-escultora-venezolana-gaudi-este-expone-en-el-museo-de-arte-moderno-de-bogota.html
En la muestra “Modos de devoción” que se presenta en el MAMBO, la artista exhibe fundamentalmente piezas de las series “Nagual” y “Devoción” –surgidas entre mediados de la década de 1990 y principios de la de 2000, hasta nuestros días-, las cuales, a juicio de Katherine Chacón, están caracterizadas por un volcamiento ritualista, asociado a veces a la muerte, a la prisión, o al desmembramiento, y apoyadas en su mayoría en una iconografía animal, en donde perros, caballos, caimanes, seres alados y sus hibridaciones, convergen, a veces, conformando conjuntos escultóricos o instalaciones.

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"Batman" ©Ribes Sappa
Adrian Tranquilli, artiste d'origine australienne, aujourd'hui installé à Rome, traite de nos mythologies contemporaines lorsqu'il nous dépeint ("désculpte"...) les failles de nos super héros.

Merci à Lola pour ses liens.

12 janvier 2014

Du spirituel dans l'art...contemporain : Anselm Kiefer

Anselm Kiefer, connu pour son travail hanté par l'holocauste, convoque fréquemment les textes de la Torah, de la Bible ainsi que les textes de la Kabbale. Soit en inscrivant directement des fragments de texte sur ses peintures ou sculptures, soit au travers de constructions poétiques et imaginaires. (Aperiatur Terra en 2007 reprenant un extrait d’un verset d’Esaïe 45 "Que la terre s’ouvre", ou l'installation "Palmsonntag - Dimanche des rameaux", 2006 évoquant la fête chrétienne; œuvres toutes deux présentées à Monumenta au Grand Palais).

Anselm Kiefer, "Chevirat Hakelim (Le bris des vases)" (2007); plomb, verre. 
"Chute d’Étoiles" Monumenta.
 
Une autre particularité remarquable de l'artiste étant l'emploi de matériaux à "fort potentiel sémantique" : sable, terre, feuilles de plomb, suie, salive, craie, cheveux, cendre, matériaux de ruine et de rebut... sperme. Il est connu pour avoir récupéré le plomb du toit de la Cathédrale de Cologne lors de sa réfection qu'il a abondamment réutilisé dans son œuvre (les livres entre autres). Cette relation "spirituelle" au matériau le rapprochant de son ainé Joseph Beuys qui employa notamment le miel, le feutre et la graisse (voir plus loin).
"Nous (moi et Beuys) avons une même conception de la matière qui est une enveloppe contenant l’esprit qu’il faut découvrir. Ainsi, chaque plante a un correspondant dans les étoiles, cela lie le macrocosme au microcosme. Nous dépendons du cosmos. Tous nos éléments sont arrivés par des poussières et des météorites."
Interview de Guy Duplat en 2010 dans La Libre.


Anselm Kiefer, "Palmsonntag" (2007); 44 éléments en technique mixte sur panneau, palmier en résine stratifiée, 
briques de terre et support en acier; dimension variable.   
©2010 Anselm Kiefer. Courtesy of the Gagosian Gallery. Photograph © Joshua White


Vous avez exploré le thème de la kabbale, avec le même acharnement que celui de la germanité. Pourquoi cette fascination pour le judaïsme?
Comme je vous l'ai dit, j'ai été élevé dans le catholicisme. J'ai été enfant de choeur et je pourrais encore réciter la messe en latin. Le judaïsme, qui est à l'origine du catholicisme, est donc ma culture. Mais c'est aussi une partie de la culture dont l'Allemagne nazie s'est amputée. C'est la raison pour laquelle je m'y intéresse particulièrement. J'ai découvert que la mystique judaïque était plus riche, plus ouverte, moins dogmatique que le catholicisme. Je m'y suis tellement investi que je la connais parfois mieux que les juifs eux-mêmes. En 1990, j'ai été invité par Itzhak Rabbin à venir faire un discours à la Knesset. J'aurai prochainement une exposition en Israël, à l'occasion de l'inauguration de l'extension du musée de Tel-Aviv.
Extrait d'une interview de l'artiste donnée à l'Express en 2011.
L'artiste s'était il y a quelques années installé à Barjac, "œuvre d’art total et utopique"; lieux qu'il a quittés pour rejoindre Paris dans un ancien entrepôt de La Samaritaine; lire linterview de Guy Duplat en 2010 pour La Libre : "L’atelier XXL d’Anselm Kiefer".


Pour l'anecdote, un article de 2008 qui vaut son pesant d'or : "L'atelier d'Anselm Kiefer cambriolé"
   

10 janvier 2014

Wolfgang Laib, objets et lieux de culte

Avant de devenir un artiste,Wolfgang Laib a étudié la médecine, mais il a conclu que ce domaine traitait dans l'approche occidentale le corps au détriment de l'âme. Pour lui, l'art est une forme de cure spirituelle transcendante qui "nourrit" l'individu. Les matériaux naturels sont au centre de sa pratique artistique: il travaille avec la cire d'abeille, le lait, le pollen, et le riz, créant des formes simples qui visent à communiquer à un niveau universel, au-delà du langage verbal.



Wolfgang Laib, pollen  de noisetier au MoMA (New York) (2013)

" Laib fait souvent des travaux de Land art, dans son travail on peut voir aussi des influences de l'Art minimal. Le travail avec des matériaux naturels, comme la cire d'abeille, le pollen et le riz, est une caractéristique de Laib. Dans les années 1990, il vivait six mois de l'année dans un village de Forêt-Noire où il ramassait le pollen des pissenlits. Il fut surtout connu grâce à Milchsteine (dites pierres de lait) : grands blocs de marbre creusés profondément et remplis avec du lait."
Extrait de la page Wikipedia consacrée à l'artiste (peu fournie)


 Wolfgang Laib, “Milk Stone” au MoMA

Liste d'expositions commentées (en allemand) sur http://www.kunstaspekte.de/index.php?action=webpages&k=678

Wolfgang Laib exposait au MoMA du 23 janvier au 11 mars 2013: voir les vidéo à propos de son travail sur les pollens, à propos des "Milkstone", des "Maisons de Riz", de son espace de vie et de travail.

Propos de l' artiste trouvés sur le site stephan.barron.free :
 "Je collecte le pollen dans ces prairies qui entourent mon atelier, dans la forêt la plus proche (...). Cela commence mi-février avec le fleurissement des noisetiers, et cela dure jusqu'en août, septembre. J'utilise mes doigts pour 'brosser' le pollen des fleurs dans des bocaux. C'est très simple ; avec le pissenlit, par exemple, qui fleuri en juin pendant à peu près un mois, j'obtiens deux gros bocaux. Les pins ont plus de pollen les jours où il fait très beau et donc je collecte plus de pollen. ; ce sont les jours frais, quand il y a du vent que j'en récolte très peu... Après ces quelques mois j' ai donc obtenu quatre, cinq à six bocaux de pollen d' arbres et quatre sortes différentes de pollen."
" Je vis très isolé à l' extérieur d' un petit village — un peu comme sur une île— isolé des gens, de la société, mais aussi de l' art et des artistes. Pour moi, c'est très important d' être indépendant et d' être obligé de faire mes propres affaires. J' essaie de me protéger de la pensée normale de la société, par exemple de la société Allemande. Les moines au Moyen-Age vivaient dans des monastères ou comme des ermites dans des endroits reculés, ou dans d' autres endroits du monde ; les ermites et les ascétiques vivaient dans les forêts ou dans des cavernes dans les montagnes, ils faisaient ça même beaucoup plus extrêmement mais avec les même intentions. Les arbres et les forêts, les rochers et les collines qui m' entourent sont si intemporels, si indépendants et toujours si nouveaux chaque jour. "
Wolfgang Laib, “Rice House” au MoMA



En complément de ces installations, Wolfgang Laib développe une œuvre environnementale, avec entre autres "La chambre des certitudes"; voir le site Wax Room qui est dédié à ce projet, avec de nombreuses références.

Wolfgang Laib utilisant un fer chaud pour lisser les murs de la "Chambre de cire" , 
installée dans sa propriété en Allemagne. Courtesy of the artist.

Propos de l' artiste de 1993 au sujet de son projet de chambre de cire :
" Ce serait un endroit que seulement peu de gens à la fois pourraient visiter, mais en tout, beaucoup de monde... Une chambre de cire pour la montagne. Je crois aussi que faire cela en Europe, avec tout ce qui se passe autour de nous, serait un grand pari : quelque chose de complètement nouveau et de très antique. (...) Je me suis rendu plusieurs fois dans les Pyrénées, j'ai cherché et j' ai découvert des endroits incroyables autour du massif du Canigou. Des lieux élevés et éloignés de tout, mais pas trop en altitude. (...) Une chambre de cire comme celle-ci est faites en fonction de la montagne, mais elle est liée aussi à l' histoire, fabriquant quelque chose pour la vie dans le futur..."


"La chambre des certitudes" (2000), Commande publique à Arboussols, Pyrénées, France (détail : vue du sol).
Crédit photo: Annie Besset

Lire également un article de 2008 par Sabine Gignoux : "Wolfgang Laib, l'hymne à la Création au musée de Grenoble" sur le site la Croix.com.

18 septembre 2013

Cartes et Territoires sculptés

"On m’assure qu’il est des gens qui ne s’intéressent pas aux cartes,
mais j’ai quelque peine à le croire."
Robert Louis Stevenson , dans Essais sur l'Art et la Fiction


Saint-Omer (Pas-de-Calais). Vue générale. Photo RMN - René-Gabriel Ojéda
 
Making-of de l'exposition « La France en relief » au Grand-Palais par la Maison de l'histoire de France (2012), présentant les plans-reliefs de la collection des Invalides. De manière permanente, vous pouvez en découvrir aussi au Palais des Beaux-Arts de Lille.
"Les Plans-Reliefs sont des maquettes au 1/600ème des villes fortifiées par Vauban, situées aux frontières de l’ancien royaume de France. Ils offrent une représentation très précise et évocatrice de ces villes sous l’Ancien Régime : d’un grand intérêt documentaire pour la connaissance du tissu urbain, des monuments et des fortifications, ils montrent aussi les faubourgs et la campagne environnante sur une étendue parfois importante."Extrait de la présentation sur le site du Palais des Beaux-Arts de Lille.



Inspiré par la lecture de "La Carte et le Territoire" (2010), un roman de Michel Houellebecq, cet article réunit de manière non exhaustive quelques plasticiens -connus et moins connus- qui ont travaillé autour de ces thématiques. Le roman décrit le parcours biographique et créatif de Jed Martin, un artiste français fictif, dont l'auteur dissèque entre autres le parcours créatif, période après période.
..."Peu après sa sortie des Beaux-arts, il commence la série de photographies des cartes "Michelin Régions" et "Michelin Départements". Il en réalise un peu plus de huit cents. Il participe à une exposition collective - Restons Courtois - organisée par la Fondation d'entreprise Ricard où il expose une photo d'une partie de la carte Michelin de la Creuse. Ce qui lance surtout Jed Martin, c'est sa première exposition solo La carte est plus intéressante que le territoire à la Fondation Michelin pour l'art contemporain."... Extrait de l'article de Wikipédia.
Ce titre renvoie à la formule "La carte n'est pas le territoire", énoncée par Alfred Korzybski (1879-1950) lorsqu'il évoque la question de notre propre perception du monde; thème passionnant et qui est sans doute l'enjeu du parcours de beaucoup d'artistes, mais cependant trop ambitieux pour être traité dans ce cadre.



Myriam Héquet, "En Toile" (2005); vue générale et détail; colle, impression sur papier, coton, figurines en matière plastique. Photos de l'artiste.

Dans un esprit similaire, les cartes suspendues de l'artiste tunisienne Nadia Kaabi-Linke ; lire l'article Mémoire, histoire, point de vue (Biennale de Sharjah 2) sur le blog Amateur d'Art.

"My view on under standing over views"(2009); fragments de peinture murale, fils de soie.




Olivia Mortier, "Vlag" ("Drapeau" , 2012); porcelaine, plâtre, acier; vue générale et détail; participation à l'exposition des Master de l'ArBA-ESA, Dexia Art Center, juin 2012. Photo JFD.


"Faire des cartes de France repose sur un jeu de mots amusant et pervers. Comme le rappelle Nicolas Surlapierre dans le guide des collections du LaM, l’expression servait, durant l’Ancien Régime, de litote pour évoquer les premières pollutions nocturnes du souverain qui assuraient ainsi au pouvoir son avenir." Extrait du dossier pédagogique réalisé par le LaM (Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut) à propos de l'installation de l’œuvre d'Annette Messager "Faire des cartes de France"; morceaux de peluches, cordes, fils et pointes. Acquisition réalisée en 2006 avec le soutien du Fonds Régional d’Acquisition pour les Musées (État / Conseil régional Nord-Pas-de-Calais) . Crédits photo : Photo : P. Bernard / Adagp, Paris 2013.


 
Marcela Armas, "I-Machinarius" (2008). Chaîne et engrenages, moteur, système de lubrification, huile, réservoir. Cette machine dessine la carte renversée de Mexico.
Voir : Marcela Armas : viva Mexico
 

Mona Hatoum, Map (détail) (1999). Billes en verre, dimensions variables. 
Photo Christian Mosar. 
Mona Hatoum déclinera la carte à de nombreuses reprises dans son œuvre : "Continental Drive" (2000), la dérive des continents en miroirs; Afghan, red and black (2008), le tapis "cartographiquement" usé; Map, illustré ci dessus; Suspendu (2009), une série de balançoires aux assises gravées de divers plans et cartes.


Tony Cragg: "Britain Seen From the North" (1981) . Déchets de plastique. © Tony Cragg











Vik Muniz  :"WWW (World Map), Pictures of Junk" (2008). Photographie. Dimension : triptyque de 149 x 102 cm (chaque panneau). Sur le site (photo et commentaire) : http://www.collectionsocietegenerale.com/
Les photographies de Vik Muniz nous apparaissent comme celles d'un prestidigitateur ou d'un virtuose, dont les manipulations semblent à première vue ne pas s'apparenter à la photographie. Vik Muniz s’est acquis une reconnaissance internationale pour les œuvres photographiques qu’il crée à partir de matériaux du quotidien – fil à coudre, confiture, chocolat, ketchup, poussière, jouets, etc. Ces images, inspirées de l’actualité, de l’histoire de l’art ou de personnages célèbres, sont à la fois familières et énigmatiques. Se présentant d’abord en tant que propositions visuelles pleines d’esprit, les œuvres de Muniz interrogent la manière dont l’information visuelle est construite, présentée puis perçue par le spectateur.


L'exposition "Mapping" au Museum of Modern Art (MOMA) de New-York (1994) reste une référence sur ce thème. Voir la présentation succincte sur le site du MoMA.
Sur le thème lire Cartographie et art contemporain, support de dénonciation, de mémoire et de fiction (2011), thèse de maitrise de Émilie Grossière, se référant à l'exposition.
Extrait de l'introduction citant "Mapping":
Si les écrivains ne se lassent pas de créer des mondes lointains, les artistes plasticiens eux aussi aiment à jouer avec les possibilités des cartes. Robert Storr, commissaire de l’exposition Mapping au Museum of Modern Art (MOMA) de New-York en 1994, nous disait déjà que la carte offrait aux artistes tant métaphoriquement, que graphiquement et symboliquement des emblèmes du pouvoir, des royaumes et labyrinthes à explorer, des formes abstraites à manipuler, et des formes pour rêver.
L'auteur évoque également l'importance de la cartographie chez les artistes du landart, citant entre autres Gilles Tiberghien, La référence dans ce domaine. (Poétique et rhétorique de la carte dans l’art contemporain ou Finis Terrae, imaginaires et imaginations cartographiques)

Citons également "GNS" (Global Navigation System), au palais de Tokyo en 2003. Cette exposition "formule l'hypothèse que la topographie est un enjeu majeur de la création artistique actuelle, et une clé pour la comprendre".

Lire aussi "Singularités cartographiques" de Manola Antonioli.

Les plans-reliefs présentés en début d'article renvoient naturellement à la question de l'échelle, sujet précédemment traité sur notre site : http://acasculpture.blogspot.be/2013/02/sculpteurs-lechelle-oldenburg-koons.html . On y évoquait, parmi d'autres, les travaux de Anne et Patrick Poirier ou des frères Jake et Dinos Chapman.


Ce sujet "carte et territoire" est proposé aux étudiants de l'option sculpture de l'ArBA-ESA comme fil rouge pour l'année 2013-14. En conséquence, cet article devient donc "participatif", et divers apports de références s'ajouteront au fur et à mesure des propositions.

LES STICK CHARTS DES ILES MARSHALL

 "Elles ne constituent cependant pas des cartes marines dans notre acception occidentale. Ces "cartes" très particulières sont constituées de baguettes de bois attachées les unes aux autres ; de petits coquillages étant fixés à leur jointure. Les nœuds-coquillages représentent soit des îles, soit des axes des étoiles ; et les bâtons, des « dungungs », selon les premiers témoignages du Capitaine Winckler qui s’intéressa à ces objets. Ces « dungungs » marquent l’orientation de la houle. En effet, les phénomènes qui permettent d’aider le navigateur à positionner une île qui n’est pas en vue, sont la réfraction et la réflexion des vagues ; celles-ci prenant des directions différentes lorsque la houle touche les côtes. Les stick charts renseignaient les navigateurs sur ce point."
Pour infos complémentaires, voir cette page d'où est extraite cette information : http://detoursdesmondes.typepad.com/dtours_des_mondes/2009/01/stick-charts-marshall-island.html


JENNIFER BRIAL

"Globe terrestre"(2010); épingles en acier à têtes de verre.
25 x 30 cm. Photo site de l'artiste.

"Jennifer Brial approche la géographie en véritable dilettante, au sens le plus noble
du terme, celui de l’amateur éclairé. Passionnée par les cartes et autres figures
de la terre (1), elle compose ainsi des représentations du monde « à sa façon »,
à l’aide des accessoires que le sens commun attribue au géographe : la mappemonde, les cartes IGN et leur signalétique codifiée, ou encore, les épingles à tête de couleur qui pointent un lieu. Leur usage est pour le moins hétérodoxe. Dans Le monde épinglé (2010), un globe terrestre se retrouve couvert d’épingles, signalant l’omniscience de l’explorateur et la fin des territoires inconnus, à l’ère de Google Maps
". Suite sur le site de l'artiste : http://jenniferbrial.com/art/



SHANNON RANKIN

Parmi de nombreux artistes qui plient, découpent et collent des cartes, les travaux de Shannon Rankin; "Adaptation" (détail) (2013), carte de l'Arctique, acrylique, papier; 10 x 10 x 10cm. Voir également ses installations. (merci à Lola)


CATALINA BAUER
"Mapa (oro)". (2012). Sacs en plastique et eau. Mural de 12 x 4 mètres. Réalisé dans le cadre de la IV Biennale d'Art Contemporain de Moscou. Voir le site de l'artiste (y découvrir également des installations végétales, et des installations réalisées avec élastiques).(merci à Lola)


RAMÓN ESPANTALEÓN
 
Ramón Espantaleón est un architecte et designer espagnol. Parmi ses travaux les plus connus, figurent des réalisations en résine qui représentent des villes en relief, et plus particulièrement New-York. Découvrir le modus operandi sur son site à l'onglet "Proceso de trabajo". Ici, le moulage de la carte en terre. (merci à Lola)


MATTHEW PICTON
 
 Matthew Picton s'attache aux composantes de la cartographie des villes; il compose rigoureusement ses plans en papier plié, et se réfère aux données politiques et historiques pour en choisir l'aspect et le traitement. (merci à Lola)


ALFREDO JAAR
"Venezia, Venezia", l'œuvre présentée à la Biennale de Venise 2013 par l'artiste chilien Alfredo Jaar. Ce n'est plus l'eau, mais une maquette géante de la ville qui monte et qui descend dans un bassin ... Préfiguration annoncée d'une fin du monde... de l'art?



Merci à Marjorie.


DIVERS TRAVAUX DANS UNE APPROCHE PLUS GRAPHIQUE
Par exemple ce projet typographique Google Maps par le designer australien Rhett Dashwood. Il a rassemblé un alphabet utilisant des vues aériennes de différents lieux trouvés dans la région de Victoria (Australie) sur Google Maps.
Et aussi : 
Carola Bravo

LES CARTES HEURISTIQUES ou MINDS MAPS

Une carte heuristique (ou carte cognitive, carte mentale, carte des idées, etc.) ou, dans les pays anglo-saxons et usuellement, mind map, est un schéma, calqué sur le fonctionnement cérébral, qui permet de représenter visuellement et de suivre le cheminement associatif de la pensée.
Cela permet de mettre en lumière les liens qui existent entre un concept ou une idée, et les informations qui leur sont associées.
La structure même d'une Mind Map est en fait un diagramme qui représente l'organisation des liens sémantiques entre différentes idées ou des liens hiérarchiques entre différents concepts.
À l'inverse du schéma conceptuel (ou « carte conceptuelle », concept map en anglais), les mind maps offrent une représentation arborescente de données imitant ainsi le cheminement et le développement de la pensée. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_heuristique

Et des tas d'autres cartes qui cadrent votre vie : carte de crédit (les limites de votre fortune?), carte d'identité et de visite, carte génétique, carte de transport, cartes à jouer, carte de restaurant, carte mère, à puces ...


BIBLIOGRAPHIE (à suivre...)

"La Carte et le Territoire" (2010),  Michel Houellebecq (2010) Éditions Flammarion

"Cartes incertaines : Regard critique sur l'espace" Alain Milon (2013) Encre Marine
Souvent envisagée comme un instrument d'orientation et de navigation, la carte sert à nous rassurer dans notre lecture du territoire. Mais qu'adviendrait-il si l'on voyageait avec des cartes qui nous désorientaient ? Les cartes sont nombreuses certes, mais elles n'ont pas toutes les mêmes vertus ! Certaines se contentent de reproduire simplement la réalité, d'autres au contraire l'inventent. Parallèlement aux cartes d'extérieur des géographes-géomètres-arpenteurs, il existe des cartes d'intérieur des cosmographes-peintres-écrivains, tous ceux en fait qui font rêver les lignes à la manière de Michaux...

 LIENS
 http://www.pinterest.com/Stylegenre/cartography/
 http://www.trendhunter.com/slideshow/modified-maps
 http://bigthink.com/blogs/strange-maps
 http://www.davidrumsey.com/
http://www.laviedesidees.fr/Cartes-et-territoires.html

27 juillet 2013

Walter De Maria, "foudroyé" à 77 ans

Décès à l'age de 77 ans du célèbre sculpteur (également musicien) Walter De Maria, dont le nom restera pour toujours associé au landart, comme un de ses représentants les plus emblématiques. Sa création la plus connue est sans conteste le "démentiel" Lightning Field (1977), un champ situé au Nouveau-Mexique, planté de poteaux en acier destinés à recevoir des impacts de foudre.
A lire, cette page très complète (bons documents) consacrée à une des œuvres les plus fascinantes l'art contemporain  : Walter de Maria: Lightning Field

 Photo: Copyright Dia Art Foundation, New York

En 1977, également, il présente, à la Documenta de Kassel, The Vertical Earth Kilometer, une barre de 5 centimètres de diamètre et de 1 000 mètres de long, progressivement enfoncée dans le sol jusqu'à ce que seule son extrémité affleure. A cette pièce répond, en 1979, The Broken Kilometer, installé à Soho : une barre du même type que la précédente, mais coupée en 500 sections de 2 mètres chacune, installées en cinq rangées parallèles.
Extrait de l'article du journal Le Monde  La mort de Walter De Maria zèbre le paysage du "land art"
Lire à ce sujet :  http://www.kassel-marketing.de/en/documenta/documenta-outdoor-exhibits/vertical-earth-kilometre

La Dia Art Fondation qui gère l’œuvre de l'artiste :  http://www.diaart.org/sites/main/lightningfield

Article de presse du Los Angeles Times :
http://www.latimes.com/entertainment/arts/culture/la-et-cm-walter-de-maria-died-20130725,0,1642854.story

Lire également :
 http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/07/30/la-mort-de-walter-de-maria-zebre-le-paysage-du-land-art_3454924_3246.html
http://www.gagosian.com/artists/walter-de-maria
http://www.theguardian.com/artanddesign/jonathanjonesblog/2013/jul/29/walter-de-maria-art-lightning
http://www.theartnewspaper.com/articles/Land-artist-Walter-De-Maria-dies-of-stroke-aged-/30150
http://www.nytimes.com/2013/07/27/arts/design/walter-de-maria-artist-on-grand-scale-dies-at-77.html?pagewanted=all&_r=0



08 juillet 2013

ORLAN, Mens Sana in Corpore…


"Étude documentaire :  Le Drapé - Le Baroque. Buste d'ORLAN en Sainte ORLAN" (1978);
 marbre de Carrare, 70 x 80 x 45 cm. Photo, site de l'artiste.

Le B.P.S.22 s’associe, pour le second volet d’un triptyque d’expositions, avec le Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, à Lessines, pour un projet original autour d’une grande figure de l’histoire de l’art international, l’artiste française ORLAN. Une exposition d’une vingtaine d’œuvres, historiques et nouvelles, propose à la fois un dialogue avec le Musée et une mini-rétrospective de l’artiste.
Extrait de la présentation de l'exposition sur le site du Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, du 18 mai au 27 octobre 2013. Commissaire de l'exposition : Pierre-Olivier Rollin, directeur du B.P.S.22 à Charleroi.

"Robes de plis sans corps"(2009); détail de l'installation "Super Or"; 
dorure à la feuille d'or sur résine polyester. Photo JFD

Une exposition intégrant avec modestie des œuvres « profanatrices » de l'artiste, salle après salle, pour le plaisir et l'édification du visiteur du Musée de l'Hôpital à la Rose. Si l'art d'ORLAN s'intègre parfaitement dans des environnements conventuels, il prend ici tout son sens dans cet Hôtel-Dieu : dans ce parcours, l’œuvre et le lieu se répondent de manière saisissante.

"Crâne" (2013); crâne d'ORLAN réalisé en collaboration avec SISMO. 
Sans doute prototypage en polyamide, d'après prise de mesures sur l'artiste (noter les fameux implants).

Lire également un article sur le site H ART, d'où proviennent ces lignes :
L'artiste française ORLAN est-elle une icône de la liberté, une empêcheuse de faire de l'art en rond, une brouilleuse de pistes qui soulève des débats en introduisant la chirurgie esthétique comme mode d'expression artistique? Ou est-elle une simple provocatrice qui a eu son moment de gloire? Les esprits critiques en seront pour leurs frais: avec une vingtaine d'œuvres emblématiques datant de 1965 à 2013, l'exposition 'Mens Sana in Corpore' à l'hôpital médiéval Notre-Dame à la Rose de Lessines démontre pour le moins qu'elle a sa place dans l'histoire de l'art.

Le désormais emblématique "Baiser de l'Artiste" ( 1977, FIAC, Grand Palais, Paris), 
photo que l'on retrouve au décours de l'exposition, et qui ne manque pas de troubler le visiteur...

Précisons, pour la Belgique, que ORLAN participe également à l'exposition "The Collection as a Character", au MUHKA (Museum van Hedendaagse Kunst Antwerpen ) à Anvers, du 7juin au 22 septembre 2013.

Le très complet "ORLAN official website" : http://www.orlan.eu/ (n'oubliez pas de signer la "Pétition contre la Mort"). Et aussi : https://www.facebook.com/ORLANofficial

"SCULPTURE" vous a déjà parlé de cette "artiste transmédia et féministe" :
http://acasculpture.blogspot.be/2009/10/orlan-unions-mixtes-mariages-libres-et.html
http://acasculpture.blogspot.be/2009/09/orlan-ceci-est-mon-corps.html
http://acasculpture.blogspot.be/2009/04/orlan-au-musee-grevin-le-corps-decale.html

26 juin 2013

Henrique Oliveira, "Baitogogo", plus spectaculaire, tumeurs...




Le making-of, réalisé par Axelle Simon, de l'installation "Baitogogo" du sculpteur Henrique Oliveira. Commencé dans son atelier de Saint-Denis et assembler au Palais de Tokyo.

" Sous la forme d’une sculpture spectaculaire, envahissante et « gordienne », Henrique Oliveira joue avec l’architecture du Palais de Tokyo pour en faire surgir une œuvre qui joue avec le végétal et l’organique. Le bâtiment lui-même semble être la matrice qui a donné naissance à ce volume en bois de « tapumes », matériau utilisé en particulier dans les villes au Brésil pour construire les palissades de chantier..."

Photo : André Morin

Photos du montage trouvées sur : https://www.facebook.com/events/576199905744991/


"... À travers une forme d’anthropomorphisme architectural, Henrique Oliveira révèle l’ossature du bâtiment. Au Palais de Tokyo, il joue ainsi sur les données existantes et structurantes de l’espace à l’instar des piliers qu’il prolonge et démultiplie en vue de leur adjoindre une dimension végétale et organique, comme si le bâtiment prenait vie. L’artiste s’inspire entre autres d’ouvrages médicaux, plus particulièrement les études effectuées sur les pathologies physiques telles que les tumeurs. Par analogie formelle, ces excroissances ne sont pas sans rappeler les rhytidomes communs à l’écorce des arbres. La texture de cette installation en bois de « tapumes » renvoie inévitablement à certaines essences d’arbres des forêts tropicales humides d’Amazonie : les entrelacs et autres nœuds constituent des réseaux hors de contrôle, répondant à une logique que l’homme ne pourrait plus maîtriser..."
Extraits de la présentation de l’œuvre sur le site du Palais de Tokyo.

Une exposition monographique, dans le cadre de la saison "Nouvelles vagues", du 21 juin au 9 septembre 2013 au Palais de Tokyo, Paris; avec une série impressionnante d'expositions collectives, dont "The Black Moon", "Le Principe Galápagos", "Concert Hall", "Un Escalier d'Eau", "File Not Found", "A History of Inspiration" et "Condensation".

Atsunobu Kohira à Saint-Louis, Instrument pour Saint-Louis, 2011 (détail). 
Photo Tadzio © Fondation d’entreprise Hermès.
 Dans le cadre de "Condensation".

Pour le titre "Baitogogo", sans avoir reçu d'explications de la part de l'artiste, on peut sans doute aller voir du côté de Claude Levi-Strauss dans le cru et le cuit, avec le mythe de Baitogogo, où il est question (très schématiquement) d'hommes et d'arbres qui se transforment...

Le site de l'artiste : http://www.henriqueoliveira.com/, pour y découvrir ses dernières installations, comme "Transubstanciation" au Collège des Bernardins à Paris cette année dans le cadre de l'exposition "L’arbre de vie" (jusqu'au 28 juillet 2013).
Et aussi sa page facebook.


Nous vous avons déjà parlé de cet artiste : http://acasculpture.blogspot.be/2011/12/henrique-oliveira-bois-couche.html

29 mai 2013

Berlinde De Bruyckere, mort à Venise


 

... Le beau pavillon belge Art Déco est devenu une chapelle romane, un socle, pour une unique sculpture. On entre par une porte latérale, les petites salles qui entourent la salle centrale sont laissées vides. On est plongé dans une grande pénombre et il faut vingt secondes pour distinguer l’œuvre. Les murs sont noircis et patinés comme les venelles de Venise. Un grand corps est déposé qui fait toute la longueur de la pièce. Un saint Sébastien couché, mais dont le corps est fait de troncs d’arbres et dont la blessure laisse couler non pas du sang mais des branches. Le corps s’est métamorphosé dans le grand orme de l’atelier de Berlinde de Bruyckere tombé une nuit d’orage. Elle a fait des moulages en cire de l’arbre et de ses branches, et les a peints dans les couleurs de la chair et du sang...
Le choc belge à Venise article de Guy Duplat, d'où sont extraites ces quelques lignes.
Quelques photos :  Dans l'atelier de Berlinde de Bruyckere
 


 Berlinde De Bruyckere travaille avec des corps de chevaux ; des arbres, des corps humains et animaux coulés dans la cire, qu’elle présente dans un état déformé, torturé. Elle met particulièrement l’accent sur la composition et la texture de ses sculptures : la peau brillante des chevaux, l’épiderme cireux des figures humaines laissent percer le rouge et le bleu du sang et des artères, les boursouflures des blessures. « Mon esprit me porte à chanter les formes changées en corps nouveaux », écrit Ovide dans ses Métamorphoses. C’est là un défi qui relève également Berlinde De Bruyckere. La mutilation et la torture peuvent prendre des formes extrêmes dans ses oeuvres, qui ne sont pourtant jamais détachées d’un potentiel de transfiguration et de croissance. Berlinde De Bruyckere crée de la beauté et du respect à partir d’une expérience à première vue choquante et déchirante, élevant ainsi le désordre au niveau de la réflexion et donnant une vie nouvelle à la mort.

Présentation de l'artiste sur le site du pavillon belge à la Biennale :  http://www.belgianpavilion.be/fr/


Photos Mirjam Devriendt
Ses sculptures explorent d’une manière extrêmement intime et troublante la vie et la mort: la mort dans la vie, la vie dans la vie, la vie avant la vie, la mort avant la mort. Elles apportent un éclairement, mais un éclairement aussi sombre que profond.
 Communiqué de presse, ce 25 janvier 2013, sur la page du site du S.M.A.K.
La page de l'artiste su le site de la Galerie Saatchi : http://www.saatchi-gallery.co.uk/artists/berlinde_debruyckere.htm
NB : Berlinde De Bruyckere sera à Gand au SMAK en septembre 2014.





« Kreupelhout – Cripplewood »
Berlinde De Bruyckere
Pavillon de la Belgique
55e Exposition Internationale d’Art
la Biennale di Venezia
1er juin – 24 novembre 2013


Voir aussi à Venise (Palazzo Widmann), la très belle exposition "Wunderkammer", présentée il y a peu au Botanique par Antonio Nardone; nous en avions parlé à l'époque: http://acasculpture.blogspot.be/2011/12/wunderkammer-et-cabinets-de-curiosites.html