30 juin 2012

John Isaacs, de chair et d'utopie

 L’apparente franchise et la simplicité de l’œuvre de John Isaacs laissent transparaître une sensation de malaise et d’anxiété, indiquant que notre vie moderne et ses conceptions ont quelque chose de faussé, de disjoncté, de déséquilibré. à l’instar du surréalisme de David Lynch dans « Blue Velvet », maints travaux de John Isaacs semblent suggérer que si l’on gratte un peu la surface de la réalité conventionnelle, on tombera sur des vers grouillants – un monde de vérités sordides et inconfortables, refoulé sous la pellicule plastique recouvrant notre monde pré-emballé et édulcoré...
 Extrait de la présentation de l'artiste sur le site de la galerie aeroplastics.

 "I can´t help the way I feel" (2003), cire, résine, polystyrène, acier; 220 x 150 x 170 cm. 


  "We hide from ourselves the way we hide from each other" (2004), cire, résine, peinture; 82 x 148 x 130 cm.


 " Everyones talking about Jesus " (2005), cire, résine époxy, polystyrène; 200 x 150 x 150 cm



"Things that can be are that which we know" (2011), 
cire, peinture à l'huile, polystyrène, bois, acier, latex, 94 x 128 x 120 cm.

Sur le thème, un article (octobre 2000) à propos d'une exposition "Spectacular Bodies" présentée à The Hayward Gallery : Bodies of Evidence

Dans un autre style, John Isaacs présente une tour de Babel fort réaliste (dans une perspective breughelienne) accueillie par l'exposition Babel du 08 Juin 2012 au 14 Janvier 2013 au Palais des Beaux-Arts de Lille.
 Voir le communiqué de presse de l'exposition : http://www.palaisdesbeauxarts.fr/IMG/pdf/DP_Babel_ok.pdf

"The architecture of aspiration" (2003) 
polystyrène, bois de balsa, plasticine, sable et PVA (résine); 120 x 90 x 90 cm. 
Il existe une version en bronze patiné (2006).

... C’est dans ce sens – la créature assujettie à sa nature humaine – que la tour de Babel de « Macrocosmographia » fait apparaître les similitudes et les différences entre l’humanité et une colonie de termites. La tour de Babel d’Isaacs implique l’idée que les ingénieuses termites ayant édifié cette construction ont quitté la voie de l’évolution naturelle et développé une idée collective – une idée que nous connaissons tous par expérience et qui, en dépit de la beauté de son architecture classique, se soldera par l’effondrement de la tour. Pourtant c’est un bien merveilleux spectacle à contempler...
Extrait de la présentation de l'artiste sur le site de la galerie aeroplastics.


La page facebook de l'artiste : http://www.facebook.com/pages/John-Isaacs/139536249391125
La galerie de l'artiste : http://isaacs.aeroplastics.net/artworklist.php?year=2003
Le site de l'artiste (beaucoup de photos) : http://johnisaacs.net/

29 juin 2012

Anthony McCall, "Five Minutes of Pure Sculpture"



La Hamburger Bahnhof expose sous le titre "Five Minutes of Pure Sculpture", du 20 avril au12 Août 2012, une rétrospective des œuvres d'Anthony McCall créés depuis 2003, après une pause de 20 ans.
Alors que les premières œuvres sont présentées sur pellicule 16 mm, les plus récentes sont des projections numériques conçues par informatique. Les travaux "horizontaux" de McCall seront exposés pour la première fois aux côtés de ses œuvres verticales les plus récentes.
L'ancienne gare a été plongée pour la circonstance dans l'obscurité, où se dessinent les cônes de lumière caractéristiques de l'œuvre de l'artiste; les premiers travaux -des performances dans un premier temps- de ce vidéaste anglais remontent aux années 70 , et parmi ceux-ci, les plus connus, les fameux "solid light" , déjà évoqués ici : http://acasculpture.blogspot.be/2011/04/anthony-mccall-et-la-lumiere-fut.html
Une création à la croisée du dessin, du cinéma et de la sculpture...

Source: Sean Gallup/Getty Images Europe

Le site de l'artiste, peu "généreux" en images : http://www.anthonymccall.com/

28 juin 2012

Jimmie Durham, en chantant la vie et la mort

"Jesus es geht um die wurst" 
 (que l'on pourrait traduire par "Jésus, c'est de la saucisse"...)

« Je suis un idiot dans mon amour de n’importe quel matériau. Cela doit être évident pour qui voit mon œuvre. Ce n’est ni l’origine, ni l’objectif de mon œuvre, ni la méthode. »
Jimmie Durham, 2012


Jimmie Durham dans l’Atelier Calder, Saché (2007)
Crédit photo : Guillaume Blanc, Atelier Calder

 Jimmie Durham est l’un des artistes contemporains les plus influents. Depuis vingt ans, son œuvre suscite l’intérêt dans le monde entier. Elle est profonde et accessible, politique et personnelle, actuelle tout en transcendant les tendances courantes. Au fil des années, son œuvre a touché différentes générations et Durham exerce une influence sur des artistes, des commissaires d’expositions, des théoriciens et des amateurs d’art à travers ses expositions, ses ouvrages et son activité de professeur aussi.
Extrait de la présentation de l'artiste et de son exposition sur le site du MUHKA (Museum van Hedendaagse Kunst Antwerpen)
 Jimmie Durham.  Une question de vie et de mort et de chanter , exposition au MUHKA du 23 mai au 18 novembre 2012.
Nombreuses photos de l'exposition sur ce site : http://ludwigdelatter.wordpress.com/2012/05/30/jimmie-durham-in-het-mhka/#


  "Still life with stone and car". Dawes Point, Sydney, Australie. Photo the ferret.

 Nombre de ses actions d'iconoclastie violente, dont les vidéos montrent les procédés et les œuvres les résultats, mettent en scène la revanche du naturel — minéral — ou de l'historique sur les objets courants des sociétés occidentales contemporaines. 
Extrait de la critique de parisART à l'occasion de son exposition "Pierres rejetées…" (2009) au Musée d´Art Moderne de la Ville de Paris.

Cette œuvre était exposée dans le hall du Musée d'art Moderne de la Ville de Paris

Nous avons déjà parlé de cet artiste :  http://acasculpture.blogspot.be/2009/04/jimmie-durham.html


Et sa venue en Belgique est prétexte à quelques citations...

12 juin 2012

La Pierre Bleue Belge mise en espace par les sculpteurs

 
L'exposition "Ce n'est qu'un début !" au Dexia ART Center (Ancien bâtiment Vanderborght) marquera certainement un des temps forts des manifestations du 300ème anniversaire de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles/ École Supérieure des Arts. Au cœur de cet événement, les visiteurs auront l'occasion de découvrir une œuvre spectaculaire d'Adam Weiner, étudiant de Master 2 de l'option sculpture; cette installation a été rendue possible grâce au soutien des Carrières de la Pierre Bleue Belge qui ont fourni et débité le bloc de petit granit "mis en espace"... A découvrir à partir du 21 juin !



Les Carrières de la Pierre Bleue Belge sont parmi les leaders de l’extraction, du sciage et du façonnage de pierre bleue en Europe et les trois sites d’exploitation -situés dans la région de Soignies en Belgique- produisent plus de 50 000 m3 de blocs de Petit Granit-Pierre Bleue de Belgique® par an. Ils soutiennent également  les artistes,  sculpteurs, mais aussi photographes, amoureux de cette pierre, de ses sites et de ce métier. Certains sculpteurs viennent travailler sur à Soignies. Ainsi Martin Hollebecq, Pol Perneel et Benoit Luyckx.

 Benoît Luyckx. Palais de Justice d’Évreux, salle des pas perdus. Pierre bleue belge.

L'entreprise soutient aussi dans le cadre de sa politique artistique le symposium de sculpture qui a lieu tous les 2 ans à Soignies. Le prochain se déroulera en août 2012 et les blocs de pierre nécessaires aux artistes seront fournis et dégrossis en carrière. (Nous en avions parlé en 2008 : http://acasculpture.blogspot.be/2008/08/sculpture-monumentale-la-pierre-bleue.html )

Et lorsque l'on parle de ce matériau, comment ne pas citer ce chantre de la pierre bleue qu'est Eugène Dodeigne, qui éclate le petit granit plus qu'il ne le taille, pour révéler "une énergie et une tension insoupçonnées selon le rapport que sa surface entretient avec son volume" (wikipedia)

Eugène Dodeigne, "Les Pleureuses" (1979); Lieu d'Art et d'Action Contemporaine (LAAC) à Dunkerque.

05 juin 2012

Tape, scotch et autres bandes adhésives : Monika Grzymala, Rebecca Ward et Numen/For Use

Quelques réalisations font bande à part(?) dans la cohorte des "tape sculptures" qui buzzent sur le net et dans les couloirs d'écoles d'art... Voici quelques exemples.

 "AERIAL EINZELAUSSTELLUNG" (2012), Galerie Crone Berlin. Photo site artiste.

Monika Grzymala est une artiste d'origine polonaise qui travaille à Berlin. Ses installations se tissent à l'aide de milliers de mètres d'adhésif noir... Informations complémentaires et autres installations sur le site de l'artiste : http://www.t-r-a-n-s-i-t.net/projekte.html


Avec le même matériau, une approche plus géométrique et plus colorée, par l'artiste new-yorkaise Rebecca Ward. Informations complémentaires et autres installations sur le site de l'artiste : http://www.rebeccasward.com/installation.html

"Seventeen is sharp"(2009), Charolotte Street Foundation/urban culture project, Kansas City

"Rip and pull" (2007), Finesilver Gallery Houston

  
Dans un autre style, cette très arachnéenne installation (qui est praticable) réalisée à Vienne par les designer Numen/For Use. Voir lien pour d'autres photos.

04 juin 2012

"Le monde selon Kapoor"


Très belle vidéo sur arte.tv consacrée à Anish Kapoor, qui commence avec le canon de la Royal Academy , se termine par d'impressionnantes images de Monumenta 2011 , en passant par "The Bean" de Chicago; 50 minutes de superbes images. De quoi faire oublier l'ArcelorMittal Orbit Tower ?
Attention : accès limité dans le temps!

26 mai 2012

L'oeil d'Adam

 Photo : Erik Levilly, sur le site lehavre.fr 

Photo Nicole Gesché 2012



Le Havre retrouve son œil grand ouvert. Érigé sur le parvis du Musée Malraux, Le Signal, première sculpture monumentale de Henri Georges Adam, a fait l'objet d'une restauration. La ville du Havre et quelques mécènes ont financé la rénovation de l’œil à hauteur de 313 000 euros.
Vu sur le site de france3.fr, qui ne mentionne pas le nom du sculpteur dans son commentaire écrit...



André Malraux devant le Signal (photo MuMa).



Henri-Georges Adam travaillant sur le Signal, photographie noir et blanc, Fonds MuMa Le Havre. © DR



Le chantier du Signal lors de sa construction. 
Structure interne, photographie noir et blanc, Fonds MuMa Le Havre. © DR


Pour en savoir plus sur la sculpture : le site que le musée (MuMa) consacre à l’œuvre.
Pour en savoir un peu plus sur Henri Georges Adam : la page wikipedia
"Toutes les forces viennent de la nature. C'est la mère nourricière qui est là. Il n'y a d'abstrait que les sept figures géométriques. Et encore ! Aussitôt qu'elles se déforment un peu, on les retrouve dans la nature. La nature est éminemment sensible. Elle est le contraire de la géométrie et de la symétrie. Mais, si l'on observe les lois des structures intérieures, on donne l'impression d'être abstrait. En fait, on ne l'est pas. On retrouve des principes bien vivants."
Adam, cité par Waldemar George, Adam, 1968, p. 38.



"L'étrave" (1959), bronze original, signé par l'artiste. Susse Fondeur, Paris.

Faisant à partir de 1959 la synthèse de ses activités de sculpteur et de graveur Adam développe en 1961 une importante série de sculptures, Cryptogrammes. Les formes organiques incisées, qui apparaissent en clair sur les surfaces plus sombres y évoquent une écriture secrète constituée de signes dérivés de triangles, losanges, croisillons, arcs de cercle ou faisceaux de lignes. (wikipedia)



"Adam", Paris, Musée National d'Art Moderne, 1966, broché sous couverture illustrée, 24 pp., (32 x 24 cm). 

Couverture du catalogue d'exposition .Épuisé.

25 mai 2012

Michael Heizer's 'Levitated Mass' au LACMA


" I think earth is the material with the most potential
because it is the original source material.
"

Michael Heizer


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Michael Heizer, est le créateur de "Levitated Mass", mis en place actuellement au LACMA (Musée d'art contemporain de Los Angeles); la pièce maîtresse de cette installation est un rocher de 340 tonnes qui vient d'être transporté  par un convoi exceptionnel ("exceptionnellement exceptionnel" : voir documents) sur le lieu de son installation. Ce créateur, que l'on associe aux artistes mythiques du land art, est un familier des chantiers titanesques... Le LACMA lui-même semble privilégier les pièces spectaculaires dans sa politique d'acquisitions; voir par exemple, dans un autre style, le récent Metropolis II de Chris Burden (et également du même artiste, Urban Light que l'on aperçoit dans la vidéo)...



Megalith slated to become part of Michael Heizer’s “Levitated Mass,” arriving to LACMA on March 10.
Photo by Tom Vinetz, © Michael Heizer


"Levitated Mass" est un mégalithe de granit de 340 tonnes posé en "lévitation" au dessus d'une tranchée de 456-mètres de long creusée sur ​​le campus du LACMA. Comme dans d'autres travaux de l'artiste, tels que le célèbre Double Negative (1969), la forme monumentale négative est la clé de l'expérience de l'œuvre d'art. Heizer conçu ce projet en 1968, mais il a découvert un rocher appropriée seulement quelques décennies plus tard, à Riverside County, en Californie. "Levitated Mass" crée le lien entre les différentes époques de l'histoire de l'art, de la pierre mégalithique aux formes modernes de l'abstraction géométrique et des exploits de l'ingénierie contemporaine.
Le dossier pédagogique pour découvrir d'autres informations : http://www.lacma.org/sites/default/files/LevitatedMassClassroomActivity4.pdf.pdf

Double Negative, vues de l’œuvre emblématique qui est la référence de cette nouvelle installation au LACMA. (Photos?)



Le site consacré à Double Negative : http://doublenegative.tarasen.net/
Voir aussi : http://earthworksnearyou.blogspot.com/2009/05/28-days-to-go-michael-heizers-double.html

Et toujours le pharaonique projet "City" dans le désert du Névada; peut-être la plus grande oeuvre jamais réalisée, en cours de construction (Non ouvert au public). Voir vue satellite ci-dessous. D'autres éléments : http://www.nytimes.com/2005/02/06/magazine/06HEIZER.html?_r=1&ex=1265432400&en=46be92f2c266e591&ei=5090&partner=rssuserland

23 mai 2012

Nancy Holt et le land art, Avignon Locators

Nancy Holt, une des figures emblématiques du land art, inaugurera le 14 juin prochain sa première œuvre permanente en France, "Avignon Locators" (1972-2012), dans le parc de l'Université d'Avignon( jeudi 14 juin 2012 à 17h30 dans les jardins du campus Centre-ville).
A cette occasion sont organisés une exposition Les Génies du Lieu : Land Art et art environnemental , et un colloque international "staging the land* l’enjeu de la perception dans la création contemporaine in situ", réunissant des spécialistes du Land Art et de l'art in-situ tels que Gilles Tiberghien, Anne-Françoise Penders, Ben Tuffnell ou Fabien Faure.
L'accès à la manifestation est gratuite.
Tous les détails sur le site: www.nancyholt.com

Photo: Jan Niks. ©The Estate of Robert Smithson / Pictoright Amsterdam.

 Avignon Locators est une œuvre de l'artiste américaine Nancy Holt, plasticienne, vidéaste et photographe de renommée internationale maintes fois récompensée (voir ci-dessous son actualité). Cet observatoire à l’œil nu, qui s'inscrit dans le courant du Land Art ou de l’art environnemental, est envisagé par Nancy Holt comme une réactivation d’une de ses œuvres majeures, Missoula Ranch Locators – Vision Encompassed (Montana, 1972), aujourd’hui démantelée. L’installation avignonnaise marquera le 40ème anniversaire de cette création. Il ne s’agit pas seulement d’une œuvre à voir mais aussi d’une œuvre pour voir, qui invite à une réflexion sur les phénomènes de perception sensorielle et sur la place de l’observateur dans son environnement, en même temps qu'elle met en valeur le patrimoine du campus. Avignon Locators sera la première œuvre pérenne réalisée en France par Nancy Holt, la seconde en Europe — l’autre étant implantée en Finlande.

 "Sun Tunnels: Sunset," 1976, Great Basin Desert, southeastern Utah. Photo: Nancy Holt.

Le colloque interdisciplinaire propose d’explorer le domaine particulier de la création artistique contemporaine in situ – Land Art, art environnemental, art public, performance – sous l’angle de l’analyse de la perception sensorielle, intellectuelle et esthétique, de l’étude de formes contextualisées / conceptualisées et de leurs modes de représentation.

"Missoula Ranch Locators – Vision Encompassed" (1972), Montana. Démantelée. (auteur photo?)
 

Nancy Holt, Missoula Ranch Locators: Vision Encompassed, 1972, Missoula, MT
Diameter: 40 ft.  Steel Locators 5 ft. x 1 ft.  Photograph: the artist 
Photograph courtesy Haunch of Venison Gallery, London and New York



Nancy HoltMissoula Ranch Locators: Vision Encompassed (Detail) 1972, Missoula, MT
Diameter: 40 ft.  Steel Locators 5 ft. x 1 ft.  Photograph: the artist
Photograph courtesy Haunch of Venison Gallery, London and New York

 L'exposition se déroulera dans les murs de la Bibliothèque Universitaire, organisée en partenariat avec le Musée Gassendi de Digne-Les-Bains et l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon. L’exposition propose une histoire en image de ce courant de l’art contemporain, depuis les précurseurs comme Brancusi et Noguchi jusqu’aux jeunes créateurs comme Cyprien Gaillard, Joan Fontcuberta, ou Andy Goldsworthy, en passant par les grandes figures révélées dans les années 1960 telles que Robert Smithson, Michael Heizer, Dennis Oppenheim, Walter De Maria, Robert Morris, Charles Ross, James Turrell, Christo et Jeanne-Claude, Richard Serra, Richard Long ou Herman de Vries. Une partie de l’exposition est entièrement consacrée à la série des Locators de Nancy Holt, de Missoula à Avignon, qui a engendré, entre autres, Sun Tunnels (1973-76), une icône du genre.

 © Nancy Holt, Sun Tunnels (detail), Great Basin Desert, Utah, 1976.

Informations trouvées en majeure partie sur le site dédié à la défense de la Spiral Jetty de Robert Smithson (que nous avons déjà évoquée à maintes reprises) : http://spiral-jetty.blogspot.fr/
Pour "approfondir" la question des Tunnels, voir sur wikipedia.
Découvrir quelques vues de "Up and Under" à Pinsio (Finlande).
Derniers jours de la souscription pour la réédition de "Land Art", le livre de référence de Gilles Tiberghien, proposée sur le site Crowbooks.
Un site de référence : OBSART | Blog du Land Art . Merci à Marc de Verneuil (Observatoire du Land Art) pour sa vigilance et son soutien documentaire.
Et n'oubliez pas notre liste de liens consacrés au land art dans la colonne de gauche de SCULPTURE...

La Spiral Jetty vue de Rozel Point. Photo: Soren Harward / wikipedia

15 mai 2012

Ahmet Ögüt, le château dans le ciel


Pour sa contribution à TRACK, ‘The Castle of Vooruit’, Öğüt prend comme point de départ l’histoire socialiste de Gand. Il se concentre sur le Vooruit, la coopérative de la classe ouvrière gantoise à partir de la fin du dix-neuvième siècle jusqu’au début des années 1970, qui gérait aussi bien une salle des fêtes qu’un quotidien. En référence au "Château des Pyrénées" (1961) du peintre surréaliste belge René Magritte, Öğüt fait flotter à proximité du centre artistique Vooruit un gigantesque ballon gonflé à l’hélium en forme du rocher flottant de Magritte. Il remplace le mystérieux petit château qui le surplombe par une réplique du Vooruit. Öğüt capte dans une seule image surréaliste les failles d’une philosophie sociale utopique.
Le site de l'artiste : http://www.ahmetogut.com/


Il était présent à la biennale de Venise avec l'installation "exploded city"; une maquette de ville bien anodine au premier abord, qui se révèle un assemblage de lieux marqués par la mort et la dévastation... comme le Madimak Hotel de Sivas, l' Europa Hotel de Belfast, l' HSBC Bank d'Istanbul, la Mosquée Ferhadija à Banja Luca, le pont de Mostar, la Water Tower de Vukovar, le TV building de Beyrouth, la National Library de Sarajevo, la poste de Prishtina, le Tikrit Museum, l'école de Beslan ...


TRACK est une expérience artistique unique dans la ville de Gand. 44 artistes du monde entier ont été invités à créer une œuvre originale dans toute la ville. Du 12 mai au 16 septembre 2012 à Gand (B)

11 mai 2012

ArcelorMittal Orbit tower, le mécano des jeux de Londres

 


Premières images vidéos de l'ArcelorMittal Orbit tower réalisées par des journalistes du Guardian, la sculpture/tour dessinée par Anish Kapoor pour les jeux olympiques de Londres (Olympic village à Stratford, east London). Des avis enthousiastes du côté officiel, plus mitigés de la part du public...

Nous vous avons déjà parlé de ce projet : 
http://acasculpture.blogspot.com/2010/01/anish-kapoor-lart-des-jeux.html

Et un "best of the making of", assemblage de séquences prises lors du montage de la tour (avec musique horripilante à désactiver...), qui, faute de révéler un chef d'œuvre plastique universel, rend hommage aux concepteurs de ce mécano géant; et ce ballet de grues géantes nous fascine malgré tout lors de ces vues prises en accéléré.

09 mai 2012

Daniel Buren, la couleur excentrique du Grand Palais


Le plasticien français Daniel Buren, fidèle à l'esprit de Monumenta, a créé une œuvre monumentale inédite dans la Nef du Grand Palais, avec sa somptueuse verrière qui culmine à 45 mètres de hauteur.

 
 (les photos du post proviennent du site Monumenta)

Un pari sur la lumière, comme l'avait déjà réussi son prédécesseur Anish Kapoor en 2011; Daniel Buren présente Excentrique(s), une installation composée de disques (de 2 à 6,5 mètres de diamètre) disposées à différentes hauteurs qui colorent (bleu clair, jaune d’or, orangé et vert tendre) l'environnement du visiteur. Des miroirs circulaires sont également disposés au sol (voir détails des dispositifs et un ensemble très large d'articles à propos de l’œuvre et de l'artiste ).


"Anish Kapoor avait rempli la nef avec une structure gonflable qui annulait le bâtiment. Là c'est l'inverse. L’œuvre de Buren révèle la monumentalité du lieu. Les miroirs renvoient à son architecture", souligne M. Bouchain. "C'est un hommage à la géométrie, à la construction métallique", dit-il.


  "Concevoir en mettant l'accent sur le lieu est aussi important que l’œuvre. Je montre que ce que je fais n'est pas une œuvre, mais dépend du lieu dans lequel elle va se trouver."Daniel Buren


La manifestation est ouverte au public du 10 mai au 21 juin 2012.

Le site de l'artiste :  http://www.danielburen.com/
Nous avons déjà parlé de Daniel Buren :
http://acasculpture.blogspot.com/2010/01/buren-paris-bruxelles.html
http://acasculpture.blogspot.com/2009/04/daniel-buren-dans-le-vent-beaufort03.html

Photo : Benoit Tessier/Reuters

Francesco Toris, bandit de l'art


Francesco Toris était interné depuis l’âge de 19 ans à l’hôpital psychiatrique de Collegno (dans la province de Turin). Souffrant de paranoïa, autiste, il consacra dès le début de son internement tout son temps à graver des os qui provenaient des ordures de la cantine de l’Institut et à façonner des objets surprenants. Il acquit ainsi une étonnante habileté et réalisa en l’espace de cinq ans, un curieux assemblage intitulé « Le Nouveau Monde ». En forme de pyramide inversée, monté sur trois roues, il se compose de visages humains, d’animaux fabuleux, d’idoles qui s’entremêlent, le tout étant assemblé sans colle ni clous ! Quelle est donc la signification de cette œuvre ? Elle représentait aux yeux de l’artiste, un monde nouveau appelé à se substituer au monde corrompu et pervers dans lequel il vivait. (In : http://nuitdesmusees.culture.fr/un-nouveau-monde-un-nuovo-mondo/)


Cette œuvre fait partie de l'exposition Banditi dell’arte

 Francesco Toris, "Panier à outils" © Musée d’anthropologie criminelle Cesare Lombroso

BANDITI DELL’ARTE, dans toute sa force poétique, est la première exposition majeure consacrée à la création hors norme italienne. Elle ouvre une porte sur l’univers particulier d’individus ayant créé en dehors de tout système artistique officiel ou d’instances culturelles reconnues.
Bien que le milieu de l’art soit maintenant familiarisé avec l’art brut, ce concept reste encore relativement étranger au public italien même si des artistes comme Giovanni Podestà et Carlo Zinelli jouissent d’une réputation internationale. Pendant plus d’un siècle, malgré les efforts et le soutien de quelques critiques d’art, en Italie la création “marginale” reste aujourd’hui souvent oubliée l par la culture officielle.
L’exposition BANDITI DELL’ARTE à la Halle Saint Pierre est un pas de plus vers une reconnaissance institutionnelle et critique des pratiques artistiques jusqu’ici pensées comme marginales, l’occasion de découvrir ces formes d’art oubliées par les institutions.

Présentation de l'exposition sur le site de la Halle Saint Pierre.

Exposition du 23 mars au 6 janvier 2013. Halles St Pierre , Paris 18ème.