Jury MASTER 2014

Jury BAC 2014

22 juin 2014

... et Jordan Wolfson créa la femme


A l'occasion de la foire Art Basel (du 14 au 22 juin 2014), Jordan Wolfson a présenté, dans le cadre de l'exposition "14 rooms" , sa toute récente sculpture "Female Figure", un robot qui a laissé plus d'un visiteur mal à l'aise...voire terrorisé ! La danseuse robot, habillée d'un négligé souillé, un masque de sorcière couvrant la moitié de son visage, bouge lascivement devant un miroir, un barre de pole dance plantée dans le sternum; équipée d'un logiciel de reconnaissance faciale, elle ne lâche pas du regard le visiteur dont la propre image est prisonnière de ce miroir...


Elle danse sur une bande sonore, ainsi 'Applause' de Lady Gaga, 'Graceland' de Paul Simon, et une version stupéfiante de 'Blurred Lines' , et s'adresse directement au visiteur, dévoilant de ses propres lèvres les secrets de son identité mâle ("Ma mère est morte. Mon père est mort. Je suis gay. J'aimerais être un poète. C'est ma maison "), en réalité la voix de Jordan Wolfson "aux manettes" électroniques de cette œuvre d'une grande violence. Ce cauchemar qui fera certainement date, est, pour l'anecdote, une séquelle de la visite de l'artiste découvrant les dernières figures animées au Disney World’s Epcot Center...


Découvrir les différentes facettes de la production de l'artiste dans cet article de Flash-Arthttp://www.davidzwirner.com/wp-content/uploads/2014/06/140501-JoW-Flash-Art-Birkett.pdf
Lire aussi : http://www.hollywoodreporter.com/news/creepy-meets-sexy-animatronic-dancer-690985 et http://filthydreams.wordpress.com/2014/04/08/sweet-dream-or-a-beautiful-nightmare-the-uncanny-horror-of-jordan-wolfsons-female-figure/
Le site de l'artiste : http://www.jordanwolfson.org/

Pour "14 Rooms", les curateurs Klaus Biesenbach (Directeur du MoMA PS1) et Hans Ulrich Obrist (Codirecteur des expositions et des programmes et directeur des projets internationaux de la Serpentine Gallery) ont invité quatorze artistes internationaux à investir chacun un lieu, en explorant les relations entre l'espace, le temps et le corps, avec une œuvre dont la matière première est l'être humain.
( Les autres artistes :  Marina Abramović, Damien Hirst, Jennifer Allora and Guillermo Calzadilla, Tino Seghal, Joan Jonas, Ed Atkins, Laura Lima, Xu Zhen, Santiago Sierra, Otobong Nkanga, John Baldessari, Yoko Ono, Roman Ondák, Dominique Gonzalez-Foerster, Bruce Nauman)

21 mai 2014

Ilya et Emilia Kabakov, L’utopie sous les glaces

Pour la sixième édition de Monumenta -après Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski, Daniel Buren et Anish Kapoor-  Ilya et Emilia Kabakov, artistes d’origine russe, proposent au public de se perdre dans le dédale d’une ville utopique, L’Étrange Cité.

Le making off de la mise en place de l'exposition.

lya et Emilia Kabakov, Étude pour Manas, dessin, Monumenta 2014 
© Ilya et Emilia Kabakov / ADAGP, Paris 2014 

 « Il y a plusieurs années, quelqu’un nous a demandé si nous pensions que l’art pouvait influencer la politique. Nous avons répondu que non, nous ne le pensions pas. Nous avons toujours la même opinion, mais durant toutes ces années, nous avons travaillé avec des idées, autour de l’imaginaire et de l’utopie. Et nous croyons vraiment que l’art, qui tient une grande place dans notre culture, peut changer la façon dont nous pensons, rêvons, agissons, réfléchissons. Il peut changer notre façon de vivre. Cette fois nous voudrions construire plus qu’une installation, nous souhaitons réaliser quelque chose de différent : ériger L’étrange Cité, c’est insister sur l’expérience plutôt que sur la forme du projet, en vous demandant de ralentir votre course dans la vie réelle, et de faire appel à vos émotions, vos sens, vos souvenirs. Nous vous invitons à venir au Grand Palais pour entrer dans L’étrange cité , un espace onirique issu de l’imaginaire collectif, à penser et à réfléchir sur l’art, la culture, la vie quotidienne, notre présent et notre futur. » Emilia Kabakov


L’étrange cité conçue pour la Nef du Grand Palais puise ses références dans la  Renaissance, le romantisme et la science moderne. Elle se compose de huit grandes constructions. En déambulant au détour de ces édifices à l’atmosphère recueillie, le visiteur appréhende de façon sensible et concrète autant de mondes singuliers .




  Dans la partie nord de la Nef, une vaste coupole projette ses variations de couleurs et de lumières vers une entrée que le public doit d’abord franchir. Il atteint alors un espace labyrinthique, entouré d’une double enceinte circulaire. À l’intérieur apparaissent cinq édifices distincts aux noms mystérieux : « Le Musée vide », « Manas », « Le Centre de l’énergie cosmique », « Comment rencontrer un ange ? » et «Les Portails ».


  À l’extérieur se dressent encore deux constructions. « La Chapelle blanche » alterne les tableaux avec de grandes surfaces blanches et lumineuses, laissant la place à l’imaginaire, tandis que la « La Chapelle sombre » révèle de gigantesques peintures sur fond noir, mêlant références baroques et souvenirs personnels. 



Dans cette étrange cité sont installées des œuvres des Kabakov, peintures, objets et maquettes insolites. Ils offrent un panorama des sujets essentiels abordés dans leur création.


Photos JFD.
Voir le dossier de presse d'où sont extraits citation et présentation :  http://www.grandpalais.fr/sites/default/files/field_press_file/dp_monumenta_kabakov_0.pdf

Cette gigantesque installation, qui peine à dialoguer avec son environnement, est de loin la plus importante jamais confiée à ce couple d'artistes. Le résultat est-il à prendre pour leur testament artistique, dans cette volonté de tout inclure? Si le monde poétique et spirituel de Ilya et Emilia Kabakov se trouve ici décliné, sa mise en espace très raide et éparpillée conduit le spectateur à une déambulation dans une grande maquette de l'ère soviétique... certes compatible avec le concept d'utopie -on pense ici à Babel, à la tour Tatline ou aux cénotaphes de Etienne-Louis Boullée- mais absolument glaciale; même si le village est de style méditerranéen et que les visiteurs cuisent sous la grande verrière...

Monumenta 2014 : Ilya et Emilia Kabakov , du10 mai 2014 au 22 Juin 2014, GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES. 3, avenue du Général Eisenhower - 75008 Paris

10 mai 2014

Rainer Gross, le flux sacré

Rainer Gross, Abbaye de Noirlac, Bruère-Allichamps, France (2010). 
Photo non identifiée , trouvée sur le site "Sacred Space"

« C'est une forme simple, une boucle sans fin qui questionne sur le passage du temps et la spiritualité. La totalité ne se voit pas d'un seul regard. On voit l'installation réapparaître à l'extérieur et en visitant les différents lieux, on peut faire le lien entre ses six éléments. »
Rainer Gross dans une interview donnée au quotidien La Nouvelle République

Le sculpteur au travail. Photo extraite du livre  "Rainer Gross - Regard d'artiste" (2011), 

Monumentales et éphémères, les sculptures de Rainer Gross sont de voluptueuses architectures de l’air et de l’esprit. Greffée à la nature ou à la pierre, conçue in situ en subtil dialogue avec son contexte, chaque œuvre est réalisée par assemblage de lattes de peuplier souples teintées de noir ou de rouge. Toutes se déploient dans le geste calligraphique de l’artiste comme des traits d’encre suspendus dans l’espace, en perpétuel mouvement. A Poitiers, imaginé pour le quartier épiscopal dans le cadre de la programmation d’été du  service Culture-Patrimoine, Flux se déploie en six faisceaux. L’œuvre prend sa source au sous-sol du musée Sainte-Croix, dans les vestiges gallo-romains, pour ressurgir dans le fossé du baptistère  Saint-Jean, en traversant les murs du musée, la cime du tilleul centenaire, etc.
Flux possède la force d’une rivière et se dessine comme une abstraite Grand’Goule, serpentant de l’ombre vers la lumière à travers l’espace et le temps. Dans la salle d’exposition temporaire du musée, un ensemble de photographies d’œuvres antérieures  livreront la vision de l’artiste sur ses installations. Des sculptures récentes, de bois et de métal, prolongeront à une échelle plus intime, ce travail formel et spirituel sur d’infinies courbes, de solide et de fugace.
Présentation de l'artiste et de son œuvre sur la fiche de présentation : http://www.musees-poitiers.org/PDF/MUSEES_POITIERS_Printemp2014.pdf
"Flux", la dernière installation de Rainer Gross et l'exposition sont visibles du dimanche 25 mai au dimanche 05 octobre 2014 au musée Sainte-Croix de Poitiers.
 
Nous avions apprécié son installation à la Galerie Faider; lire l'article (5/2/2014) de Danièle Gillmon dans le quotidien Le Soir


"Voilà quelques années déjà que Rainer Gross (Berlin, 1953), sculpteur allemand qui vit en Belgique depuis plus de trente ans, s’inscrit avec superbe et détermination dans l’espace à la faveur d’invitations qui, de Bruxelles à Noirlac, l’auront amené à déployer ses architectures de bois à la Grange du Faing, à Jamoigne; au Château de Jehay, à Beveren; à Overijse, et puis au massif du Sancy, à Gréoux-les-Bains; au Domaine de Chaumont-sur-Loire, au Centre d’art contemporain du Luxembourg belge; à Melle, en France; enfin, cet été à l’abbaye de Noirlac. Un parcours qui en dit long sur l’implication que cet artiste réussit à si bien imprimer dans les lieux visités que les invitations se succèdent désormais à rythme accéléré."
Une présentation du sculpteur itinérant, extraite d'un article de Roger Pierre Turine en 2010 dans La Libre, à l'occasion de son installation à l'abbaye de Noirlac. Un voyage qui s'est encore enrichi de nombreuses étapes.


"A ciel ouvert" (2007), Massif du Sancy. © Rainer Gross . 
 
 "Toi(t) en perspective" (2008). Parc historique du château de Chaumont-sur-Loire

26 avril 2014

Mark Gibian, calligraphies d'acier

 
Nous avons rencontré Mark Gibian lors d'un voyage à New-York ce printemps 2014. Un échange convivial, autour de la passion partagée pour un certain dessin monumental dans l'espace, fait de courbes aériennes sous tensions. La maîtrise de l'acier s'exprime dans d'élégantes structures arachnéennes qui tentent de réconcilier l’irréconciliable, l'homme au prise avec cet environnement démesuré, pour ne pas dire démentiel, qu'il a lui même créé : Manhattan !


"Crescendo" (2008). East River State Park (Pier), Brooklyn. Acier inoxydable. Photos JFD avril 2014.


"Offshot" (détail) (2008). Esplanade de l'Hudson River Park, Tribeca , NYC. 
Acier galvanisé. Environ 4m x 21m x 4m (h). 
Cette sculpture fait partie d'un ensemble de 3 pièces implantées à la suite dans le parc. Photo Malcolm Varon.


Le sculpteur développe également des travaux qui mettent en œuvre des câbles d'acier et du verre thermoformé. Il a aussi à son actif un ensemble de créations qui relèvent du design : tables, chaises, luminaires...

"Comet" (1989), Bronze et verre. 
Environ 20cm x 15cm x 3cm.Collection privée.



 Mark dans son atelier; avril 2014. Photo JFD.

Merci aux sculpteurs  Jean Dalemans et  Marcos Lora Read pour cet amical contact.

01 avril 2014

Bob Van der Auwera : « Le Vide comme matière sculpturale »


L’exposition présentera plusieurs décennies de créations sculpturales et de monotypes, ponctuées de projets, de prototypes, de dessins mais aussi d’œuvres expérimentales. Elle permettra de découvrir les multiples facettes de son œuvre qui, tout en restant souvent fidèle au cube et au carré, structure, déstructure et restructure les espaces par la mise en relation du vide et du plein. Ses compositions constructivistes offrent aux spectateurs une infinité de « vues choisies » questionnant inévitablement notre relation à l’espace. En parallèle au travail de l’artiste, sa personnalité active dans la vie culturelle locale et nationale sera évoquée.Présentation de l'exposition sur le site de Wolubilis

Si Bob Van der Auwera est bien connu du public pour son abstraction rigoureuse et vigoureuse, développée dans ses déclinaisons autour de l'acier, c'est aussi un acteur culturel majeur du paysage belge depuis de nombreuses années : comme dynamique créateur-animateur-responsable des Ateliers de la rue Voot, comme professeur de sculpture monumentale réputé à l'Académie des Arts de la Ville de Bruxelles, comme commissaire d'exposition avec l'impressionnante série des "Cubes au carré" (et déclinaisons) qui ont fédéré plus d'une centaine d'artistes au travers du pays pendant 3 ans; enfin comme membre de jury recherché dans toutes nos écoles et institutions.

L’exposition se tiendra à Wolubilis, Cours Paul-Henri Spaak, 1 (anciennement Avenue Paul Hymans, 251) 1200 Bruxelles, du 4 au 20 avril 2014. Vernissage le jeudi 3 avril 2014 à 18h. Ouvert le mardi, mercredi, jeudi et vendredi, de 13h à 19h; le samedi et dimanche de 12h à 18h. Entrée libre.

Le site de l'artiste :  http://www.bobvanderauwera.be/

Nous vous avons déjà parlé à plusieurs reprises de "notre ami et néanmoins sculpteur":
http://acasculpture.blogspot.be/2011/03/bob-van-der-auwera-cubes-et-carres.html
http://acasculpture.blogspot.be/2009/01/le-cube-au-carr-au-muse-ianchelevici.html
http://acasculpture.blogspot.be/2008/02/sculpture-au-cube.html

14 mars 2014

Alice Aycock, du vent dans les voiles dans Park Avenue

"The notion is that there is this big wind that moves up and down the avenue, and that it makes the forms or blows the forms and leaves it in its wake". Alice Aycock

"Waltzing Matilda"(2014). Fibre de verre et résine,
4,5 m de haut x 4,5m x 5,5m. Images de synthèse sur le site de l'artiste.

Cyclone Twist”  assemblée le long de Park Avenue. 
  Photo Richard Perry/The New York Times


"Waltzing Matilda" installée; vue avec feux de signalisation et sans herbe...(2014). 
Fibre de verre et résine, 4,5 m de haut x 4,5m x 5,5m.

"Les New-Yorkais ont pu découvrir une nouvelle série de sculptures de l’artiste Alice Aycock le 11 mars le long de Park Avenue. Cette série, intitulée « Park Avenue Paper Chase », comprend sept structures. Elles semblent interagir les unes avec les autres et donnent une impression de mouvement. L’œuvre joue avec l’architecture de la rue.
Les sculptures géantes, fabriquées à partir de fibre de verre et d’aluminium, ont reçu plus de 1 M$ de financement de la part de la Galerie Thomas Schulte, basée à Berlin, et d’un investisseur inconnu. L’installation s’achèvera le 20 juillet 2014 et les pièces seront mises aux enchères, ainsi que les sculptures en modèles réduits."
Information reprise de AMA (Art Media Agency est une agence de contenu sur le marché de l'art. Actualité pointue et fournie; on regrettera cependant l'absence de photos... )

 Découvrir l'ensemble du projet : http://www.salomoncontemporary.com/works/aycock/Aycock_Park_Ave.pdf
Voir article dans le New York Times

On a connu l'artiste plus "construite".
Voir par exemple :


Studies for a Town” (1977). Bois, de 1 à 3 mètres de haut, diamètre environ 4 m.
Collection: Museum of Modern Art, New York.

"The House of the Stoics Structure A" (1984). Bois peint en blanc. 
Environ 10 mètres de haut; base de 4 mètrs de côté. 
International Contemporary Sculpture Symposium, Lake Biwa, Japan.

"Ghost Ballet for the East Bank Machineworks", Nashville, Tennessee (2005-7). Aluminium, néon,
formes en acrylique thermoformé. Environ 30 x 10 x 30(h) mètres.

 Le site de l'artiste : http://www.aaycock.com/


10 mars 2014

Gérard Mortier, le creuset de l'art contemporain



...Gérard Mortier a occupé les plus grandes fonctions dans le monde de l’opéra. Il fut un créateur infatigable, un innovateur, un agitateur d’idées, un humaniste à l’immense culture, un grand défenseur de l’idée européenne et du rôle des artistes, un pourfendeur des nationalismes.
Avec ce décès, non seulement la Belgique, mais l’Europe, voire les États-Unis (il fut pressenti à New York), perd un des acteurs les plus importants de sa vie artistique depuis trente ans. Il était un révolutionnaire dans le meilleur sens du terme, un agitateur d’idées, un bâtisseur de cathédrales, un grand humaniste. Chacun qui le rencontrait sortait grandi d’avoir discuté avec lui, de l’avoir écouté quand il ouvrait grandes les portes de l’art, de l’histoire, de l’imagination, de la création, de l’audace...
 Extrait de l'article de Guy Duplat dans La Libre (9 mars 2014) : Gérard Mortier, mort d’un bâtisseur de cathédrales

Les a priori existent partout. J’ai lu dans la presse madrilène que je suis un terroriste de la modernité. Qu’est-ce à dire ?... Retournons à Baudelaire : la modernité consiste à se remettre constamment en question, être toujours à la recherche des courants de l’art qui précèdent ou suivent ceux de la société et leur donner une chance. Je ne m’autoproclame pas moderne, ce sont les autres qui le disent.
Extrait d'une interview parue dans le journal La Croix, en 2010


Cette révolution de l'opéra est née dans un creuset multidisciplinaire qu'a mis en place Gérard Mortier, au travers de collaborations spectaculaires, inattendues, innovantes (et parfois très onéreuses) avec les grands artistes d'aujourd'hui, issus de la musique mais aussi d'autres champs de la création, comme le cinéma avec Michael Haneke (Don Giovanni en 2006). Nous retiendrons ici quelques grandes collaborations avec des plasticiens comme les Kabakov, Bill Viola, Anselm Kiefer,  Chiharu Shiota ou Marina Abramovic.

En 2009, "Am Anfang" (Au commencement), dans la mise en scène et les décors d'Anselm Kiefer (issus de Monumenta ). Commande de Gérard Mortier pour les 20 ans de l’opéra Bastille et son départ. Photo Le Figaro.

"Tristan und Isolde" (Richard Wagner) mis en scène à l'Opéra de Paris par Peter Sellars dans une scénographie de Bill Viola (2005). Photo : DR



La coupole, élément central de la mise en scène et installation d’Emilia et Ilya Kabakov, au milieu des gradins du Madrid Arena pour le Saint François d’Assise d'Olivier Messiaen. (2011) (Photo?) Il existe une création antérieure de cet opéra par Gérard Mortier au Festival de Salzbourg, avec une mise en scène tout aussi spectaculaire par Peter Sellars (1992).


"Matsukaze", un opéra de Toshio Hosokawa présené en 2011 à la Monnaie, avec la participation de l'artiste Chiharu Shiota. Photo Johan Jacobs. Nous en avions déjà parlé dans SCULPTURE.

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Rappelons qu'un des gestes emblématiques de Gérard Mortier à la Monnaie de Bruxelles, fut le "relooking" de l'entrée de l'opéra par Sol Lewitt (pavement) et Sam Francis (plafond).


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Pour en savoir plus : http://brunoserrou.blogspot.be/2014/03/gerard-mortier-est-mort-dans-la-nuit-de.html
Une de ses dernières interview accordée au New York Times en février 2014 : Feisty Opera Impresario Regrets Lost Opportunity / Gerard Mortier, in Rare Interview, Weighs His Recent Past
 

07 mars 2014

Mapplethorpe - Rodin, l'objectif de la chair




Le temps d’une exposition, le musée Rodin confronte deux formes d’expression - Sculpture et Photo-graphie - à travers l’œuvre de deux artistes majeurs : Robert Mapplethorpe et Auguste Rodin. Bénéficiant de prêts exceptionnels de la Robert Mapplethorpe Foundation, cette exposition présente 50 sculptures de Rodin et un ensemble de 102 photographies dont l’audacieux dialogue révèle la permanence des thèmes et sujets chers à ces deux grands créateurs.
Présentation de l'exposition sur le site du Musée Rodin

"Je vois les choses comme des sculptures, comme des formes qui occupent un espace"
Robert Mapplethorpe



Auguste Rodin, "Assemblage : nu féminin sortant d’un pot, plâtre et terre cuite", 
Musée Rodin. Photo Christian Baraja. Robert Mapplethorpe "Cabbage", 1985 

Robert Mapplethorpe, Robert Sherman, 1983, used by permission of the Robert Mapplethorpe Foundation.
Auguste Rodin, Tête de la Luxure, plâtre, 1882 © musée Rodin, ph. C. Baraja


Présentation du catalogue de l'exposition chez Actes Sud Beaux Arts :

Ce catalogue d'exposition (musée Rodin, à partir du 8 avril 2014) confronte les œuvres du photographe américain Robert Mapplethorpe (1946-1989) à celles de Rodin, dans un dialogue fort. Le premier a beau sculpter les corps à travers son objectif, et le second recourir à la photographie tout au long de sa carrière, rien ne semble lier les deux artistes. L'un court après la forme parfaite, l'autre s’obstine à capturer le mouvement dans la matière. Rien de spontané chez Mapplethorpe le méticuleux,  tandis que Rodin s’en remet aux fulgurances du geste, quitte à en accepter l’expression accidentelle.  Les plans hyper maîtrisés de l’un font écho aux rondes-bosses tourmentées de l’autre. La fragmentation des corps, leur examen compulsif, les drapés qui les dissimulent à peine signent une quête commune, également sensuelle. Distantes de près d’un siècle, les deux œuvres présentent d’innombrables similitudes et produisent des diptyques saisissants.
 
Exposition du 8 avril au 21 septembre 2014, Musée Rodin, 77, rue de Varenne, Paris
La Réunion des musées nationaux organise parallèlement au Grand Palais une rétrospective Mapplethorpe, du 26 mars au 13 juillet 2014.
Le site de la Robert Mapplethorpe Foundation : http://www.mapplethorpe.org/foundation/

Et si vous souhaitez découvrir plus avant l'univers de Rodin, et plus particulièrement cette œuvre "sulfureuse" qu'est "La porte de l'Enfer", il y a cette belle vidéo, produite par le Canal Educatif à la demande en partenariat avec Le Musée Rodin et l'INHA : http://www.canal-educatif.fr/videos/art/4/rodin/la-porte-des-enfers.html?gclid=CIjct6KdgL0CFSfmwgodzFYAkg

05 mars 2014

Duane Hanson, sculptures de l'american dream

Visiteuses de l'exposition devant l'installation "Lunchbreak" (détail) (1989) photo © JFD

Le Musée d'Ixelles (B) présente une (petite) rétrospective consacrée au sculpteur américain Duane Hanson (1925-1996). On est loin des "machines de guerre", très tendance dans les grands temples de l'art contemporain de la planète. N'empêche, la qualité est au rendez-vous : un bel ensemble de sculptures représentatives de la période après 1970, où l'artiste glisse d'un registre franchement engagé, critique envers la société et ses injustices, voire carrément "trash", à un discours moins violent, plus satirique dans sa représentation des archétypes américains (occidentaux?).


"Flea Market Lady" (Édition 1/4 1990); 
bronze, polychromie à l'huile et technique mixte avec accessoires. Photo ©JFD

Ce n'est ici pas de la poudre aux yeux cinématographique, mais un travail de fond : nous nous sommes blasés (malheureusement sans doute) insensiblement, peut-être au contact des effets spéciaux, et certaines de ces sculptures relèveraient techniquement (en 2014) de la sage présentation d'un diorama au musée des sciences naturelles (Duane Hanson a beaucoup cherché la formule idéale de peinture)...
Mais nous ne sommes pas chez Madame Tussauds :  un réalisme, oui mais pour mieux nous faire vivre cette mise en scène douloureuse de la condition humaine; on lit la détresse, la solitude, l'aliénation... dans le regard vide de ces antihéros du rêve américain.

"Queenie II" (Édition 1/1) (1988). 
Stuc de remplissage, polychromie à l'huile, technique mixte avec accessoires. Photo ©JFD

Cette présentation s'accompagne d'un ensemble de documents appréciés tant par le profane, que par le professionnel : photos et vidéos des séances de moulage sur nature , moulages, portraits, affiches, citations... sans oublier le catalogue de l'exposition.


Détail moulage de torse (1993) Photo ©JFD

            Je ne reproduis pas la vie, je formule une réflexion sur les valeurs humaines. Mon travail concerne des gens qui mènent des vies tranquillement désespérées. Je montre la stupidité, la fatigue, le vieillissement et la frustration. Ces gens qui n'arrivent pas à suivre le rythme de la compétition. Ce sont des exclus, ils sont psychologiquement handicapés.                                                          Duane Hanson
 Précisons que le décès de l'artiste est étroitement lié à de longues années d'exposition aux produits (résine polyester, fibre de verre) mis en œuvre dans ses sculptures.


Son héritage est porté par une nouvelle génération d’artistes hyperréalistes comme Ron Mueck, Maurizio Cattelan, Evan Penny ou Don Brown (nous avons parlé de ceux-ci à plusieurs reprises), qui se sont emparés de nouvelles technologies pour aller encore plus loin dans cette quête du vivant.

Exposition du 20 février au 25 mai 2014.
La page du musée d'Ixelles consacrée à l'exposition : http://www.museedixelles.irisnet.be/fr/page-daccueil-1/expositions/expositions-en-cours-1/duane-hanson/duane-hanson.-sculptures-of-the-american-dream

Lire l'article de La Libre sur la mise en place de l'exposition :  http://www.lalibre.be/light/societe/les-mains-baladeuses-des-sculptures-de-duane-hanson-52fb71bf3570516ba0b992d5
Article de la RTBFDuane Hanson, de chair et de résine

01 mars 2014

Bill Viola, d'eau et de feu

Avec vingt œuvres magistrales, soit plus de trente écrans et des heures d'images, Bill Viola au Grand Palais constitue l’une des plus larges rétrospectives consacrées à l'artiste.


Bill Viola est sans doute le plus célèbre représentant de l'art vidéo. Pour la première fois, le Grand Palais présentera un vaste ensemble de ses œuvres, y compris des "moving paintings"(tableaux en mouvement) et des installations monumentales, de 1977 à aujourd'hui. Axé simultanément sur les expériences intimes et universelles, l'artiste exprime son voyage émotionnel et spirituel à travers de grands thèmes métaphysiques - la vie, la mort et la transfiguration...
Présentation sur le site du Grand Palais
Le véritable lieu où l’œuvre existe ne se trouve pas sur l’écran ou à l’intérieur des murs mais dans l’esprit et le cœur de la personne qui l’a vu.
Bill Viola

Exposition au Grand Palais du 5 mars au 21 juillet 2014

Extrait d'un article de Libération en avant première : http://next.liberation.fr/arts/2014/02/25/bill-viola-the-dreamers-en-avant-premiere_982845
... il faudra voir et revoir, découvrir, méditer (on rêverait d’un ticket à entrées multiples!). Entendre une pensée qui se nourrit des peintures rupestres à la technologie d’aujourd’hui, en passant par la philosophie platonicienne, la fresque de la Renaissance, mais aussi bien la poésie des grands mystiques ou l’art de la tension des archers japonais. Chez lui, le rythme est ralenti, le temps est autre.
A écouter également, l'interview réalisée par Frédéric Mitterrand le 26 février 2014 dans son émission Jour de Fred sur France Inter : http://www.franceinter.fr/emission-jour-de-fred-bill-viola-au-grand-palais


Voici un aperçu (de très mauvaise qualité) de l'installation "The Dreamers" qui sera visible dans le cadre de l'exposition.(filmé à "la sauvette" en juin 2013 à la galerie Blain|Southern)




Nous avions déjà parlé de Bill Viola en 2010 à l'occasion de l'exposition au Fresnoy Studio National des Arts Contemporains http://www.lefresnoy.net/ avec Thierry Kuntzel : "Deux éternités proches" . Les deux hommes étaient amis depuis des années et Le Fresnoy avait déjà consacré une importante exposition à l’œuvre du Français Thierry Kuntzel en 2006, quelques mois avant sa mort.


Le site officiel de Bill Viola : http://www.billviola.com/
Ce site contient en réalité peu de documents; pour d'avantage d'informations, il faut se référer aux galeries de l'artiste et différents lieux d'exposition, nettement plus à jour. Comme par exemple la Blain|Southern Gallery, avec cette image de "The Dreamers", vidéo-installation de 2013;


ou une interview-portrait de l'artiste (non transposable ici), proposée par la galerie James Cohan : https://vimeo.com/82405879

Nous avons malgré tout découvert cette belle (et longue) interview qui donne en évoquant certaines de ses créations emblématiques, toute une série de clefs, dont sa chute dans un étang lorsqu'il était enfant, pour comprendre son œuvre; par Louisiana Channel (YouTube)





Sans vouloir casser le rêve, voici le making de Emergence, une vidéo commissionnée par le Getty Muséum, inspirée d'une fresque de Masolino da Panicale; on y voit ici le méticuleux travail de Bill Viola.



Enfin, pour les fans, voici une des premières vidéos de Bill Viola présentée en France : Chott-el-Djerid,  tournée dans le désert tunisien; où l'eau et le feu se rejoignent dans les mirages. Merci à Télérama pour cette découverte (article très complet de Olivier Cena à lire dans le n°3347 du 5 mars 2014)

12 février 2014

Nancy Holt, constellations dans le désert


Sunlight in Sun Tunnels (1976), by Nancy Holt (détail). Photo sur la page theguardian.com

Une des figures mythiques du Land Art, Nancy Holt, est décédée ce 8 février 2014 à New York à l'age75 ans. Sa pièce la plus connue , Sun Tunnels ( 1973-1976 ) , se trouve dans le Great Basin Desert en Utah . Composée de quatre tuyaux en béton de 22 tonnes , mesurant chacun environ 6 mètres de long et 2,5 mètres de diamètre, les pièces sont orientées en fonction des solstices d'été et d'hiver. Les parois de chaque tube sont perforées de telle sorte que , pendant la journée, lorsque le soleil passe à travers elles, diverses constellations sont projetées à l'intérieur (Dragon, Persée, la Colombe et le Capricorne). Leur taille (des trous) est en fonction de l'importance des étoiles, et les taches de lumière qui percent l'intérieur des buses reproduisent leurs figures qui se déplacent le jour avec le mouvement du soleil et la nuit avec celui de la lune. (Wikipedia).

  © Photograph by Laurence Belingard, 1999

Ce projet est né alors qu'elle accompagnait son mari Robert Smithson en 1973 alors qu'il effectuait les repérages pour Amarillo Ramp. Il meurt d'ailleurs dans un accident d'avion tandis qu'il prend des photographies de son œuvre, et c'est Nancy Holt qui l'achèvera avec l'aide de Richard Serra et Tony Shafrazi.

RIP Nancy. 
Elle a rejoint les étoiles qui l'avaient tant fascinée. Elle s'est envolé samedi, vers ces constellations qu'elle avait gravées dans le béton, qu'elle aimait comme on aime un être cher que l'on peut toucher. Nous ne la reverrons plus, elle n'est plus là mais ses œuvres continueront de parler pour elle. Elle est partie, quelques semaines à peine après avoir achevé le film anniversaire sur Amarillo Ramp (1973), cette satanée rampe de terre et de roches qui a couté la vie à son cher Bob. La boucle est bouclée. La ligne est franchie. La spirale l'a définitivement emportée. Une grande page se tourne, une page qui laisse un immense vide, dans l'immensité de ce désert qu'elle a su investir avec tant de sensibilité, tant de justesse, et tant de modestie.
Cette notice est extraite dans son intégralité de la page facebook de l'Oservatoire du Land Art.
Elle fait allusion au dernier projet de Nancy Holt qui a été l'édition du making of de "Amarillo Ramp" (2013 ) , un film consacré à l’œuvre de Smithson, actuellement à l'affiche de l'exposition " Robert Smithson in Texas" au Dallas Museum of Art.

Découvrir également le site de référence Observatoire du Land Art animé par son fondateur-directeur Marc de Verneuil :  http://www.landart.fr/



© Photograph by Scott Carrier

Voir article : http://galleristny.com/2014/02/nancy-holt-visionary-land-artist-dies-at-75/
Voir également un ensemble de liens consacrés au land art sur le site :  http://www.earthworks.org/links.html
Nous avions consacré un post à Nancy Holt il y a 2 ans à l'occasion de l'installation de sa première œuvre permanente en France, "Avignon Locators" :
http://acasculpture.blogspot.be/2012/05/nancy-holt-et-le-land-art-avignon.html

20 janvier 2014

Du spirituel dans l'art contemporain : Beuys, ORLAN, James Turrell, Maurizio Cattelan, Andres Serrano, Ana Mendieta, Marina Abramovic ...

De nombreux artistes contemporains touchent au domaine du spirituel au travers de leurs créations. Cet intérêt prend les formes les plus variées, allant de la citation plus ou moins littérale de textes sacrés issus des "grandes religions", à des "pratiques fétichistes" qui relèvent du chamanisme, de l'occultisme ou de l’anthropologie plus ou moins assimilés, en passant par diverses attitudes syncrétiques, œcuméniques, néopaganistes...voire  une "mythologie individuelle" (Beuys). Ainsi naissent des mots, des images, des objets et des nouveaux lieux voués aux cultes...


Joseph Beuys, " I like America and America likes me" (1974).© 2013 The Milanese

Des artistes comme Beuys développent des pratiques qui relèvent du chamanisme, avec des objets, des lieux et des performances où le matériau fait sens. On y associera Anselm Kiefer avec ses références aux textes sacrés (même les plus hermétiques, comme la kabbale) et utilisant des matériaux "sacralisés", comme le plomb des toitures de la cathédrale de Cologne. Les performances (sacrifices?) de Ana Mendieta ou Marina Abramovic relèvent également de rituels païens où Éros et Thanatos se rejoignent.


 James Turrell, Roden Crater, Aqua De Luz, Tixcacaltuyub, Yucatan, Copyright James Turrell, Photo by Ed Krupp.

Ne peut-on considérer que certains artistes qui relèvent du landart, comme Walter De Maria, Andy Goldsworthy ou James Turrell , "communient" avec la nature, créent ce que l'on pourrait appeler des "interfaces sacrés" entre les hommes et (les) dieu(x) : ainsi, le Lightning Field, Les Refuges d'art ou le Roden Crater...


Dans l'art contemporain, d'autres artistes prennent une position critique par rapport aux grandes religions comme le catholicisme, souvent avec humour, mais aussi parfois avec férocité, ainsi ORLAN ou Maurizio Cattelan. Partageant cette attitude, Andres Serrano, a fait (encore récemment) scandale avec son Piss Christ (1987) : il a photographié des effets de lumières créés par un crucifix trempé dans l’urine (la sienne); il y a cependant divergence d'avis : d'autres articles parlent d'éosine... ce qui est beaucoup plus hygiénique!

Maurizio Cattelan,"La Nona ora" (1999). Résine polyester, cheveux naturels, accessoires, pierre, moquette. Dimensions variables selon l'espace. Photograph: Attilio Maranzano. Courtesy Galerie Perrotin

Alors que certains plasticiens s'attaquent occasionnellement à des thèmes du domaine religieux (l'exposition "Babel"par exemple), des artiste comme Sarkis, relèvent véritablement de l'art sacré proprement dit, en incorporant ses codes et ses lieux.


Dans "SCULPTURE", de nombreux posts parlent de ces artistes qui touchent au spirituel:


Dans le désordre, quelques "trouvailles" sur ce thème...

Trouvé sur le site Protestantisme et images.com, le travail de Sylvie Lander pour l’église St-Pierre-le-Jeune à Strasbourg (été 2010). Lire également un ensemble d'articles intéressants à propos de la question du spirituel dans l'art contemporain, dont "Le spirituel dans l’art contemporain, Ruptures et convergences", un article de Jérôme Cottin.

 "Une cuve d’or, épousant la forme humaine, emplie d’eau claire, est incrustée dans le sol. Absence du corps, au cœur de la matière, naissance et mort, passage, transformation, circulation, présence du ciel à toucher dans l’obscurité minérale qui invite à entrer en résonance avec la danse immobile des étoiles."


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Dans le cadre de l'exposition "Lost in Paradise" (novembre 2012), au Loft Sévigné "Idris Khan (Pakistan/Royaume-Uni) propose une œuvre multiple qui se nourrit de sa formation musulmane dans les écoles coraniques du Pakistan qu’il a fui. L’apprentissage par cœur des sourates du Coran sans les comprendre est ici fortement traduit par un procédé photographique très spécifique et mystérieux qui consiste à superposer à l’infini des vers de Milton, Paradise Lost. Organisés diversement dans des montages photographiques ou une sculpture, ils deviennent illisibles, aussi incompréhensible que dans le souvenir d’enfance de l’artiste. Mais l’artiste adulte a totalement structuré : la rigueur extrême de la composition pour dire la confusion des origines ! Il propose notamment une corbeille évoquant celles du pèlerinage à la Mecque qui servent à ramasser les pierres lancées par les pèlerins contre le démon, lors du rituel des stèles de Jamarat. Le lien entre le poème sur le mal originel est très fort : dans le vortex de la sculpture semblant ouvert vers les profondeurs de la terre glissent les versets de la sourate semblant intimement mêlés à des vers de Milton. Poésie de l’occident et rituel de l’orient se rencontrent."


Idris Khan, "The Devil’s Wall" (2011). 
Courtesy of Victoria Miro Gallery, London and Yvon Lambert Gallery, New York.

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"La mort de James Lee Byars", à la galerie Marie-Puck Broodthaers, Bruxelles en 1994; sans doute une des oeuvres les plus emblématiques (et les plus reproduites) de l'exposition Deadline (consacrée à l'œuvre tardive de douze artistes internationaux. Chacun d'eux, conscient de la mort imminente, a intégré dans son travail l'urgence de l'œuvre à achever et le dépassement de soi).
Courtesy galerie Marie-Puck Broodthaers, Bruxelles.
Voir l'article consacré à cette expo en 2009 :  http://acasculpture.blogspot.be/2009/11/deadline-last-minute.html

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Un site qui traite de la mort non sans un certain humour, mêlant des créations de toutes origines sur le site "Wellcome Collection": http://www.wellcomecollection.org/whats-on/exhibitions/death-a-self-portrait.aspx

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 "Modos de Devoción", une exposition de l'artiste vénézuélienne Gaudí Esté : des installations ou les animaux sculptés vigoureusement dans le bois (on peut penser à Marini) se prêtent à des rituels mystérieux... Voir cet article d'où provient cet extrait : http://www.arteenlared.com/archivo/2011/modos-de-devocion-la-escultora-venezolana-gaudi-este-expone-en-el-museo-de-arte-moderno-de-bogota.html
En la muestra “Modos de devoción” que se presenta en el MAMBO, la artista exhibe fundamentalmente piezas de las series “Nagual” y “Devoción” –surgidas entre mediados de la década de 1990 y principios de la de 2000, hasta nuestros días-, las cuales, a juicio de Katherine Chacón, están caracterizadas por un volcamiento ritualista, asociado a veces a la muerte, a la prisión, o al desmembramiento, y apoyadas en su mayoría en una iconografía animal, en donde perros, caballos, caimanes, seres alados y sus hibridaciones, convergen, a veces, conformando conjuntos escultóricos o instalaciones.

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"Batman" ©Ribes Sappa
Adrian Tranquilli, artiste d'origine australienne, aujourd'hui installé à Rome, traite de nos mythologies contemporaines lorsqu'il nous dépeint ("désculpte"...) les failles de nos super héros.

Merci à Lola pour ses liens.