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28 mai 2008

Sculpture en vidéo : Auguste Rodin

Ce film (découvert au décours du net) à propos de "La Porte de l'Enfer" de Rodin est l'exemple même du film didactique; et il ne faut y voir aucune critique : par la présentation structurée des composantes plastiques de l'œuvre et de son contexte historique, il favorise une "mise à plat" du sujet ; ce qui a le mérite d'apporter de nombreuses balises nécessaires avant tout débat. Le sujet n'est peut-être pas d'une actualité brûlante mais il permet de questionner la démarche créatrice du sculpteur. Ce film est réalisé par le CED, qui se définit comme "première initiative philanthropique et participative qui fédère des experts pour constituer un patrimoine gratuit de vidéos éducatives et culturelles visant à redonner la passion des savoirs" ; le site présente une offre variée dans le domaine des arts plastiques mais aussi dans les matières scientifiques; à trouver sur : http://canal-educatif.fr/index.htm
Ce film comporte deux parties; vous les trouverez sur le site http://www.canal-educatif.fr/videos/art/4/rodin/la-porte-des-enfers.html après inscription en ligne.

Après vision, une donnée essentielle brille par son absence, ni plus ni moins qu'ailleurs cependant; juste " comme d'habitude "; la composante technique est à peine effleurée : le bronze, le plâtre et tout est dit...Un peu trop rapidement peut-être. Autant les informations historiques apportées au travers de ce film affûtent le regard et permettent d'approcher le contenu, autant l'interprétation des intentions de l'artiste ne se mesure pas suffisamment au conditionnel de la technique : la réalité tangible de la main et de la matière. Ceux qui ont manié l'outil savent que tel ciseau, tel burin, tel marbre...induiront (de façon plus ou moins consciente chez le créateur) telle courbe, telle lumière...Ceux qui se sont adressé à un praticien (pratique très répandue à l'époque) ont pu avoir quelques (mauvaises?) surprises...Ceux qui ont moulé en plâtre, coulé en bronze leurs créations connaissent cette transformation, voire cette perte, qui marque chacune de ces étapes; ainsi chez Carpeaux par exemple, quel fossé entre la nervosité des petits modelages (Amélie de Monfort; pas les terres coulées) et " l'érosion " des grands bronzes... Quant aux groupes détachés des vantaux de la Porte de l'Enfer, il conviendrait sans doute d'approfondir cette étape : si l'on ne peut nier le "profit plastique" que Rodin tira de cet opération (c'est au travers de l'exploitation de ce genre d' "accidents" que l'on retrouve les grands créateurs), il faut aussi considérer les faits matériels dans leur évidente simplicité : les contingences de transport et surtout des opérations de moulage et de fonderie imposent le morcellement de réalisations de cette ampleur.

Les collections de Meudon, un complément intéressant à cette réflexion : http://www.musee-rodin.fr/meudon.htm

Les "abattis" de Rodin permettent de mieux comprendre sa méthode de travail : il monte et démonte certaines compositions à l'aide d'un "stock" de moulages. Et si le silicone avait existé à cette époque...