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05 février 2012

Barbara Hepworth, sculpture de haut vol

 Barbara Hepworth," Two Forms (Divided Circle)"
La photographie représente un autre tirage de la même oeuvre, exposé au Yorkshire Sculpture Park (UK), l'exemplaire dérobé étant, lui, installé dans le Dulwich Park de Londres depuis 1970 - 
© photo Russel james Smith 2005- Trouvé sur artclair.com

L’œuvre d'art était assurée pour 600.000 euros, mais ceux qui l'ont dessoudée de son socle dans un parc londonien appartiennent probablement à l'un des multiples gangs de voleurs de métaux de la capitale britannique, uniquement intéressés par la valeur au poids du bronze.
La sculpture de Barbara Hepworth, dérobée dans la nuit du 19 au 20 décembre 2011, relève certainement d'un phénomène qui coûte l'équivalent de 840 millions d'euros par an à l'économie britannique.
Si elle a bien été fondue dans une casse, comme le suppose la police, elle n'a rapporté que quelques centaines ou milliers d'euros aux voleurs.
"C'est une équation absurde", s'indigne Angela Conner, sculptrice et ancienne assistante de Barbara Hepworth, amie d'Henry Moore et figure majeure de l'art britannique d'après-guerre. "C'était une oeuvre d'art sans prix."
Sans prix pour la postérité, pas pour les marchés. Le prix des métaux flambe: en février 2011, la tonne de cuivre a dépassé les 10.000 dollars, un record historique. Et entre 2009 et 2011, le prix du minerai de fer a doublé...
... Quand il s'agit de plaques commémoratives ou d’œuvres d'art, la perte est irremplaçable. Heureusement, "la plupart de mes sculptures sont monumentales, donc quasiment impossible à déloger!" relève Angela Conner.
Chiche!
Extraits d'une dépêche de l'AFP "Grande-Bretagne: le vol de métaux, nouvelle ruée vers l'or", reprise dans Libération.

Dame Barbara Hepworth au travail sur l'armature d'une sculpture par Ida Kar (1961)
© National Portrait Gallery, London

Pour mieux faire connaissance avec Barbara Hepworth, découvrez le très ludique Barbara's Garden sur le site de la Tate, qui permet de visiter le jardin et l'atelier de l'artiste (Barbara Hepworth Museum & Sculpture Garden, Barnoon Hill, St Ives, Cornwall); un peu "lourd", le jeu a cependant "planté" lors de la deuxième étape de la chasse aux trésors... Un ensemble de photos de sculptures est également visible sur le site de la Tate. Un musée d'art contemporain à récemment été ouvert en 2011 dans sa ville de naissance : The Hepworth Wakefield ; il présente en alternance des artistes contemporains et des œuvres moins connues de l'artiste.

 Hepworth à Trewyn Studio, St Ives (1958). Photograph by Michel Ramon

Le site officiel de l'artiste :  http://www.barbarahepworth.org.uk/
Découvrir également un catalogue très étoffé (avec nombreuses reproductions) mais non officiel des œuvres de l'artiste sur le site oocities

Par curiosité, le site de Angela Conner.

Voir également sur ce même thème ces articles sur artclair.com :
La sculpture monumentale La Francilienne a été dérobée, l’œuvre a été sciée sur son socle
Une statue d’Henry Moore volée au Royaume-Uni a été fondue
Des voleurs non avertis ont tenté de dérober un bronze monumental de Riopelle
Les œuvres de Picasso, Botero et Chillida volées près de Madrid ont été retrouvées

«Topos IV», de Chillida, pour 30 € ...

Et plus récemment, un vol de sculptures à la Villa Médicis; ici les ferrailleurs resteront sur leur faim... Quelques extraits de l'article de Libération
... Sculptures arrachées, dérobées, mutilées: depuis une dizaine de jours, la villa Médicis est victime d’un affreux pillage, apparemment commis par les mêmes personnes. Appelés par le directeur Eric de Chassey, les carabiniers chargés de la protection du patrimoine ont investi avant-hier la vénérable Académie de France à Rome, cherchant dans les jardins et les ateliers, interrogeant pensionnaires et employés. Les voleurs sont venus trois fois de suite pour s’emparer de sculptures à l’extérieur, dans des lieux parfaitement visibles.
Ils ont d’abord dérobé le lundi 23 janvier un marbre au-dessus de la fontaine. Ils sont revenus le jeudi suivant, pour s’emparer d’une statue devant le studio de Ferdinand de Médicis. Ils ont fait éclater devant la bibliothèque un très joli Apollon en terre cuite du IIe siècle, en essayant de l’arracher de sa niche. Ils ont coupé la tête d’une statue dans la loggia, juste devant la porte de l’appartement du directeur. Ils sont enfin repassés dans la nuit de lundi à mardi pour s’attaquer aux piliers hermaïques du piazzale, qu’ils ont renversés et décapités. Ils ont alors été dérangés par un gardien...
... Les voleurs ont confondu dans leur méfait des pièces antiques, des copies du XVIIe ou XVIIIe siècle et même des copies modernes en plâtre ou béton.